L'Europe dénonce un profilage ethnique généralisé

Le Commissaire aux droits de l'Homme déplore la généralisation du "contrôle au faciès" en Europe

Le Commissaire aux droits de l\'Homme, Thomas Hammarberg, août 2008
Le Commissaire aux droits de l'Homme, Thomas Hammarberg, août 2008 (© AFP)
Le Commissaire aux droits de l'Homme déplore la généralisation du "contrôle au faciès" en EuropeLe Commissaire aux droits de l'Homme déplore la généralisation du "contrôle au faciès" en Europe

Pour lutter contre cette sempiternelle discrimination, le Conseil de l'Europe fait le voeu pieux de remplacer ce type de contrôle par un profilage du comportement individuel.

Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'Homme, observe que les membres de minorités "font l'objet de contrôles d'identité plus fréquents".

Or, le profilage ethnique produit l'effet inverse de celui recherché, puisqu'il laisse certains criminels passer entre les mailles du filet simplement parce qu'ils ne correspondent pas "au profil type", estime M. Hammarberg. Ce qui pose d'ailleurs la question de savoir ce que l'on entend par "profil type". Une telle chose existe-t-elle?

Le commissaire poursuit en expliquant les méfaits d'un tel contrôle: "Le contrôle au faciès provoque un sentiment d'injustice qui nuit à l'image de la police. Il stigmatise en outre des groupes de population et des personnes qui pourraient collaborer dans la lutte contre la criminalité et la prévention du terrorisme".

M. Hammarberg poursuit ses déclarations par un rappel d'évidences qui peuvent surprendre mais dont la nécessité semble évidente à en croire ses observations: "L'interpellation et la fouille d'une personne doivent se limiter aux cas où il existe un soupçon "raisonnable et individualisé" d'activité criminelle. La couleur de peau, la manière de s'habiller et le port apparent de signes religieux ne sont pas des raisons objectives", selon M. Hammarberg.

En complément, le commissaire Hammarberg cite l'ONG Open Society Justice Initiative qui "constate (...) que l'utilisation des stéréotypes ethniques et religieux par les services répressifs s'est généralisée partout en Europe".

D'après une enquête de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne également citée par le commissaire, un quart des musulmans interrogés dans 14 pays déclarent avoir subi des contrôles de police au cours de l'année écoulée. Parmi eux, 40% pensent que leur appartenance à une minorité ou leur statut d'immigré est à l'origine de l'interpellation. Beaucoup ont été interpellés plus d'une fois en douze mois.

A voir aussi:
>> Thomas Hammarberg Open Society Justice Initiative