L'ancien SS Karl Münter, impliqué dans le massacre d'Ascq, est mort à 96 ans

Il n'a jamais exprimé de regrets. Fin 2018, il avait assuré à la chaîne de télévision publique allemande ARD que le chiffre de 6 millions de juifs assassinés par les nazis était exagéré.

Capture d\'écran de Googlemaps pointant Ascq (Nord) où, dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, 86 civils ont été massacrés par des SS.
Capture d'écran de Googlemaps pointant Ascq (Nord) où, dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, 86 civils ont été massacrés par des SS. (GOOGLEMAPS)

Jusqu'au bout, il a gardé des sympathies avec l'idéologie nazie. Karl Münter, un ancien SS de 96 ans, est mort, a indiqué le parquet de Hildesheim (Allemagne), chargé des poursuites, dimanche 22 septembre. La porte-parole du parquet, Christina Pannek, a évoqué une mort naturelle.

Karl Münter était menacé de comparaître prochainement pour avoir cautionné un massacre en France pendant la Seconde Guerre mondiale, et tenu des propos négationnistes sur la Shoah. Mais "la procédure engagée contre lui est par conséquent éteinte", a ajouté la porte-parole. En effet, l'ancien SS, impliqué dans le massacre d'Ascq, dans le nord de la France, en 1944, avait été mis en accusation par le parquet, en juillet, en vue d'un procès pour incitation à la haine raciale et atteinte à la mémoire des morts.

Fin 2018, Karl Münter avait assuré à la chaîne de télévision publique allemande ARD que le chiffre de 6 millions de juifs assassinés par les nazis était exagéré. "J'ai lu récemment quelque part que ce chiffre était faux, je ne crois plus à tout cela", avait-il déclaré.

"Pourquoi devrais-je regretter ?"

L'ancien SS avait également cautionné le massacre de 86 victimes civiles d'Ascq. Interrogé par ARD pour savoir s'il regrettait ces évènements, l'intéressé avait répondu : "Non, pas du tout ! Pourquoi devrais-je regretter ?" "Si j'arrête des gens, je suis responsable d'eux. Et s'ils tentent de fuir, j'ai le droit de tirer sur eux", avait-il ajouté, précisant n'avoir pas directement participé à la tuerie mais avoir surveillé les personnes arrêtées. Ces propos avaient suscité l'indignation, notamment en France.

Le procès qui devait se tenir en Allemagne, sous réserve de l'état de santé de l'accusé, aurait rendu justice aux descendants des victimes. En mars 2018, la justice allemande avait abandonné des poursuites pour son rôle direct en 1944, arguant du fait que l'intéressé avait déjà été condamné par un tribunal militaire en France en 1949 et qu'il ne pouvait être jugé une seconde fois. Karl Münter n'a jamais exécuté cette peine et a pu poursuivre sa vie comme employé des postes.

Sa sympathie pour le régime nazi n'a jamais faibli au fil des décennies. Selon ARD, Karl Münter a participé en novembre 2018 à une réunion du parti néonazi allemand NPD en Thuringe, pour y parler en tant que "témoin de l'époque" et signer des photos de lui. Selon la chaîne allemande, il était considéré comme un "héros" au sein de cette mouvance.