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L'ancien président tchèque Vaclav Havel est mort à l'âge de 75 ans

L'ex-dissident anticommuniste avait présidé la Tchécoslovaquie puis la République tchèque de 1989 à 2003.

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L'ancien président tchèque Vaclav Havel, le 22 mars 2011 à Prague. (PETR DAVID JOSEK / AP / SIPA)

Longtemps éloigné de la vie publique à cause de sa maladie, l'ex-président tchèque Vaclav Havel est mort, dimanche 18 décembre, à l'âge de 75 ans. Chef de l'Etat tchécoslovaque puis tchèque de 1989 à 2003, il s'est éteint dans son sommeil, selon sa porte-parole Sabina Tancevova.

Icône de la dissidence anti-communiste, symbole du renouveau de la démocratie en Europe de l'Est, Vaclav Havel incarne la "Révolution de Velours" de 1989 qui met fin sans violence au régime totalitaire à Prague, et à la suite de laquelle il devient, le 29 décembre 1989, président de la Tchécoslovaquie.

Premier président de la Tchécoslovaquie post-communiste (1989-1992) puis de la République tchèque (1993-2003), il pilote la démocratisation de son pays, puis son adhésion à l'Otan (1999) et les préparatifs pour l'entrée dans l'UE, conclue en 2004.

Après l'expiration de son mandat en février 2003, malgré sa santé fragile, le dramaturge se consacre à la lutte pour les droits de l'Homme à Cuba, en Belarus, en Birmanie ou en Russie. Il revient aussi aux lettres, avec la publication en 2006 de ses mémoires politiques et d'une pièce, Sur le départ, en 2008, titre également de son premier film présenté en avant-première à Prague, le 14 mars 2011.

Né le 5 octobre 1936 à Prague dans une famille propriétaire de studios de cinéma et de dizaines d'immeubles dans la capitale, Vaclav Havel est privé d'études par le régime communiste au nom de la lutte antibourgeoise. Il se lance alors dans le théâtre, d'abord comme machiniste, puis comme auteur du théâtre de l'absurde.

Quatre ans de réclusion pour son engagement anti-communiste

Refusant l'exil après l'occupation soviétique de 1968, il entre dans la dissidence pour rédiger le manifeste de la Charte 77, un vibrant plaidoyer politique pour les droits de l'Homme. Son engagement lui vaut quatre ans de prison où il écrit ses célèbres Lettres à Olga, sa première femme.

Elu à la magistrature suprême le 29 décembre 1989, il vit comme un échec l'éclatement de la Tchécoslovaquie, trois ans plus tard. Après la mort d'Olga, en 1996, son remariage rapide avec Dagmar Veskrnova, une actrice de vingt ans sa cadette, fait le bonheur de la presse populaire.

Une santé fragile

La santé de Vaclav Havel pâtit des pneumonies contractées pendant ses cinq années dans les geôles communistes et de son passé de gros fumeur. Il frôle la mort à plusieurs reprises : en décembre 1996, il est opéré d'un cancer du poumon droit ; en avril 1998, il subit in extremis en Autriche une intervention chirurgicale suite à une perforation intestinale ; au moins d'août de la même année, il est victime d'une crise cardiaque.

Le 8 mars dernier, il avait dû être hospitalisé à nouveau, à Prague, pour de graves troubles respiratoires, quinze jours avant la première de son film, Sur le départLe Monde soulignait il y a quelques jours que ces nouveaux ennuis de santé lui avaient valu une réclusion à domicile pendant plus de cinq mois. Il avait cependant tenu à fêter, le 3 octobre dernier, son soixante-quinzième anniversaire, en réunissant à Prague 500 artistes, intellectuels et amis, dans la plus grande galerie privée d'art contemporain de la capitale.

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