L'Allemagne a fini dimanche de payer les réparations imposées par les Alliés après la... Première guerre mondiale

Le dernier paiement, d'un montant de 200 millions d'euros, est intervenu, comme prévu, 20 ans exactement après la réunification allemande.Ces réparations, d'un montant de 269 milliards de Reichsmarks, avaient été imposées à l'Allemagne par le (1919).

Le roi britannique George V, Raymond Poincaré (au centre) et le maréchal Joffre sur le front entre 1914 et 1918
Le roi britannique George V, Raymond Poincaré (au centre) et le maréchal Joffre sur le front entre 1914 et 1918 (AFP)

Le dernier paiement, d'un montant de 200 millions d'euros, est intervenu, comme prévu, 20 ans exactement après la réunification allemande.

Ces réparations, d'un montant de 269 milliards de Reichsmarks, avaient été imposées à l'Allemagne par le (1919).

Elles devaient compenser les pertes subies par la France et la Belgique pendant le premier conflit mondial. Dans l'Hexagone, l'heure est alors au fameux slogan: "Le Boche paiera !"

Récupérée par les milieux nationalistes et d'extrême droite, l'affaire des réparations a lourdement pesé sur les gouvernements allemands de l'entre-deux-guerres. En 1922, l'Allemagne suspend leur versement, invoquant ses difficultés financières. En représailles, les troupes françaises et belges occupent la Ruhr en janvier 1923. Lien de cause à effet ? La même année éclate la crise de l'inflation: les prix au détail passent de l'indice 1 en 1913 à 750 000 000 000 en novembre 1923 ! Une crise qui a profondément marqué la mémoire collective allemande.

Dans les années qui suivent, les montants des dédommagements sont diminués par le plan Dawes (1924), puis le plan Young (1929). Les réparations seront finalement annulées de fait en 1932 par le "moratoire Hoover" (du nom du président des Etats-Unis en 1929 et 1933).

Le fameux économiste britannique Keynes, membre de la délégation de son pays au traité de Versailles, avait publié sur ce thème un ouvrage resté fameux, "Les conséquences économiques de la paix". Il y développait la thèse que l'Allemagne ne paierait pas les dédommagements dus pas parce qu'elle ne voulait pas, mais parce qu'elle ne pouvait pas. "Si nous cherchons délibérément à appauvrir, j'ose prédire que la vengeance sera terrible", y écrit-il notamment. Les faits ultérieurs, et notamment la montée du nazime, ne lui ont pas forcément donné tort...

Comment alors expliquer que jusqu'en 2010 l'Allemagne ait dû continuer à payer ?
Il restait en fait encore à l'Allemagne à rembourser les emprunts contractés pour le paiement des réparations avant 1932. A partir de 1953, l'Allemagne de l'Ouest avait en effet accepté d'en repayer une partie. Et il lui restait à payer les intérêts sur ces emprunts, accumulés entre 1945 et 1953.

Les autorités de la RFA s'étaient finalement engagées à payer les reliquats des sommes dues 20 ans après la réunification du pays. Une hypothèse jugée hautement improbable en pleine Guerre froide... Et qui est finalement devenue réalité le 3 octobre 1990, après la chute du Mur de Berlin 10 mois plus tôt.

L'Allemagne a donc terminé de payer des bons, longtemps considérés comme de simples objets de collection. Des bons aujourd'hui détenus par des fonds de pension ou de simples particuliers.