François Hollande veut un gouvernement de la zone euro

Le chef de l'Etat propose "d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique".

Le président français, François Hollande, le 12 juillet 2015 à Bruxelles.
Le président français, François Hollande, le 12 juillet 2015 à Bruxelles. (THIERRY CHARLIER / AFP)

La France est prête à participer "à une organisation renforcée" de la zone euro et à constituer "avec les pays qui en décideront, une avant-garde", affirme François Hollande dans une tribune publiée dimanche 19 juillet dans le JDD.

"La zone euro a su cette semaine réaffirmer sa cohésion avec la Grèce. La qualité de la relation franco-allemande y a été pour beaucoup. L'esprit européen a prévalu", écrit le chef de l'Etat dans un dossier consacré à l'ancien ministre et président de la Commission européenne Jacques Delors, qui fête lundi ses 90 ans. "Mais nous ne pouvons en rester là. J'ai proposé de reprendre l'idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique", ajoute-t-il.

"La France prête à une avant-garde"

"Partager une monnaie, c'est bien plus que vouloir une convergence. C'est un choix que 19 pays ont fait parce que c'était leur intérêt. Nul gouvernement d'ailleurs depuis quinze ans n'a pris la responsabilité d'en sortir", poursuit François Hollande. "Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête parce que, comme Jacques Delors nous l'a montré, elle se grandit toujours quand elle est à l'initiative de l'Europe."

Interrogé dans le même numéro de l'hebdomadaire, Jacques Delors lui-même juge que le système actuel de l'Union européenne et de la zone euro "n'est plus gouvernable". "Cela ne peut plus durer. Il faut refonder cette Union économique et monétaire. Vont-ils le faire ? Il y a eu un vice de construction au départ. Il y a eu aussi des bêtises et une incapacité de l'eurozone à y mettre fin ", analyse l'ancien président de la Commission européenne.