Européennes : le FN, premier parti de France ?

Après les municipales, les européennes. Et cette fois il n'y a qu'un tour. Le 25 mai prochain nous élirons les 74 députés français qui vont siéger au parlement européen pendant 5 ans. Une élection jouée d'avance...

(Vincent Kessler Reuters)

Le FN en tête, au
coude-à-coude avec l'UMP, et le PS qui risque de faire son pire score aux
européennes : voilà ce que
prédisent les instituts de sondage pour les prochaines élections européennes, le 25 mai.

Le Front national
est donné entre 20 et 24% des suffages, la plupart du
temps devant l'UMP qui ferait entre 20 et 22% des voix. Le Parti
socialiste est entre 16 et 18%.

Et puis, il y
aura une abstention massive, qui attendrait des records : autour de 65%. C'est
l'ADN des élections européennes :
l'abstention est reine, et ça profite aux extrêmes...

Un programme fait de "Non"

Le FN, premier parti de France ? Ce serait une
première : le parti frontiste n'a jamais fait mieux que 11% aux
européenens. La dernière fois,
le FN n'a envoyé que trois députés au Parlement, cette fois il pourrait en envoyer une vingtaine.

Comment le FN arrivera-t-il à convaincre les
électeurs ? C'est bien
simple, quand on ouvre le tract de campagne de Marine Le Pen, il n'y a que des non. Non à Bruxelles,
Non à l'euro... Ces mesures, votées par le PS et l'UMP, sont néfastes, commente Marine Le Pen, candidate pour la région Nord-Ouest. Qui, au passage, ressert le bon
vieil argument de la connivence entre l'UMP et le PS.

Il ne faut pas oublier que l'UMP est le
principal concurrent du FN aux européennes. Jean-François Copé, le président de l'UMP, espère d'ailleurs rafler la mise une seconde fois - après les municipales. 

Le problème pour
l'UMP c'est qu'ils ne sont d'accord sur rien dès qu'il s'agit de
l'Europe. Ah si, ils
veulent tous limiter l'immigration. Voilà qui
ressemble furieusement au programme du FN , même si la responsable des élections à
l'UMP, Nadine Morano, s'en défend. "Le FN est un parti europhobe."

Le PS hanté par la débâcle

Et il y en a qui
font la tête : ce sont les responsables du Parti socialiste. Après la claque
des municipales, cette fois ils
craignent carrément la débâcle. La hantise au PS
c'est de finir autour de 15%, ça serait leur pire score...

Le PS
fait donc campagne sur un créneau porteur : il s'oppose à l'austérité imposée
par Bruxelles. Son problème c'est que, dans le même temps, le gouvernement français réclame 50 milliards d'économies à ses
ressortissants.  

Ça ressemble un
peu à ce qu'impose Bruxelles ? Pas du tout, affirme le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. "La politique développée par Bruxelles ne vise pas à la stabilité, mais à l'austérité" .

Les pro-Europe tireront-ils leur épingle du jeu ?

Du coup, les écologistes
pourraient profiter du désamour des électeurs pour le PS. Leur idée, c'est
de rééditer l'exploit de 2009, ils avaient fait 16% en jouant sur un seul
credo : voilà ce que l'Europe fait de bien pour vous.

Même philosophie du côté des centristes de l'UDI et du
MoDem. Cette fois, ils y
vont sans l'UMP et pour faire des voix. "Nous Européens, on ne se rend pas compte de la chance que nous avons de vivre sur ce continent" , explique la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, tête de liste en
Ile-de-France. " L 'Europe ce n'est
que du bonheur, mais ça serait tout de même mieux avec un peu plus de
démocratie".

Et justement, pour la première
fois les électeurs vont aussi choisir le président de la Commission européenne. Car les règles
ont changé, et pour la première fois donc, ce sera le candidat du parti arrivé en tête qui
devrait être désigné à ce poste stratégique.