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Espionnage : les conséquences diplomatiques de l'affaire Snowden

Les révélations de l'ex-informaticien de l'Agence nationale de renseignements (NSA) "préoccupent" la Commission européenne. La Russie se dit de son côté prête à envisager de lui accorder l'asile politique si Edward Snowden lui demandait.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Bobby Yip Reuters)

C'est
l'homme qui fait trembler le gouvernement américain et embarrasse l'Union
européenne. La semaine dernière, Edward Snowden a révélé au Guardian et au Washington Post l'existence
du programme "PRISM" . Lundi, la Commission européenne s'est dite "préoccupée" par ce programme de surveillance. Pour autant, les 27 ne sont pas sur la même longueur d'ondes sur le
sujet : le quotidien Le Monde rappelle les 18 mois et 25 réunions de l'UE autour
du dossier de la réglementation de la protection des données personnelles et l'incapacité
des capitales européennes à se mettre d'accord pour se protéger efficacement.

Liste de questions

Berlin va de son côté envoyer une
liste de questions à Washington. Le gouvernement allemand va notamment demander
aux Américains "quelle est l'ampleur de cette activité, pourquoi une telle activité..." ,
a fait savoir le ministre de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich. Le système d'écoute,
appelé Prism, vise à intercepter les communications d'internautes hors des
États-Unis sur neuf grands réseaux sociaux comme Facebook.

La Suisse demande également des
éclaircissements aux Etats-Unis. Recruté par la CIA pour s'occuper de la
sécurité des systèmes informatiques, Edward Snowden est ensuite envoyé à Genève,
où il est attaché
au sein de la Mission permanente des Etats-Unis auprès de l'ONU. L'informaticien accuse aujourd'hui la
CIA d'avoir fait chanter un banquier suisse. La Suisse veut s'assurer que les " membres des missions
permanentes à Genève (...) respectent les lois et règlements de l'Etat de
résidence"
.

Asile politique

Vingt-quatre heures
après avoir révélé au Guardian être à l'origine des fuites les plus graves
de l'histoire de l'Agence de sécurité nationale (NSA), Edward Snowden a quitté l'hôtel
où il s'était réfugié à Hong-Kong.

Dans cette affaire, qui
n'est pas sans rappeler celle du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, l'informaticien
a dit vouloir demander l'asile politique à l'Islande. Reykjavik a rappelé qu'il
fallait se trouver sur le sol islandais pour une telle démarche.

Droit de veto

La Russie a fait savoir
qu'elle pourrait envisager de l'accueillir. En France, Marine Le Pen a demandé
que Paris lui accorde l'asile politique. "Edward Snowden doit être mis en
sécurité au plus vite"
, a estimé la président du Front national, car il
"a eu le courage et l'immense mérite de révéler à l'humanité une menace
très grave contre la démocratie et nos libertés publiques".

Mais in fine , le sort d'Edward
Snowden pourrait être entre les mains de Pékin. L'informaticien a choisi
Hong-Kong pour se réfugier, pensant que ce territoire autonome du sud de la
Chine, qui jouit d'une grande liberté d'opinion et d'expression, ne le
renverrait pas chez lui. Mais la Chine dispose d'un droit de regard et de veto
sur les procédures d'extradition à Hong-Kong. Snowden n'est donc pas à l'abri
d'une extradition si Washington en faisait la demande.  

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