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Ententes sur les prix de la farine : 242 millions d'euros d'amendes

L'autorité de la concurrence inflige un total de 242,4 millions d'euros d'amendes à 17 meuniers français et allemands, pour deux ententes différentes. L'une limitait artificiellement les échanges entre les deux pays, l'autre limitait la production et répartissait la clientèle en France. Avec à chaque fois une influence à la hausse sur les prix.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

"L'ensemble du marché a été maîtrisé ", écrit l'Autorité de la concurrence. Elle sanctionne plusieurs pratiques qui ont permis aux meuniers français "de pratiquer des prix supra-concurrentiels ", supérieurs de 11% aux niveaux qui auraient été pratiqués si la concurrence avait pu jouer.

Une organisation centralisée

France farine et Bach Mühle, deux entreprises communes qui regroupent la majorité des meuniers industriels français, sont au centre de la première entente. Sept entreprises françaises devront payer au total près de 147 millions d'euros pour avoir, par leur intermédiaire, "manipulé les principaux paramètres de la concurrence ". La marque Francine (commercialisée par France farine) est particulièrement ciblée. Ses fournisseurs, qui étaient aussi ses actionnaires, s'étaient entendus sur les quantités et les prix.

L'Autorité de la concurrence rappelle que les sociétés communes ne sont pas interdites, mais elle a détecté que dans ce cas précis l'objet réel était "une entente sur le prix de la farine et la répartition des clients entre les différents meuniers" .

France / Allemagne : "Chacun chez soi "

L'autre entente, qui vaut à 13 industriels une amende de plus de 95 millions d'euros, concerne les échanges entre la France et l'Allemagne. Ils ont été artificiellement fixés à 15.000 tonnes. Ce fonctionnement, dénoncé par le deuxième meunier d'Allemagne, qui a ainsi échappé à l'amende, a duré de 2002 à 2008.

Ainsi, les meuniers allemands se sont abstenus "de candidater de manière
systématique et offensive aux appels d'offres, notamment, à partir de la
fin des années 90, à ceux du hard discount allemand (Aldi, Lidl…)
". Les meuniers français ont ainsi été "protégés de la concurrence des meuniers allemands, plus
compétitifs
" et "les
consommateurs français ont ainsi perdu l'opportunité d'acheter la farine
à des prix plus bas
", conclut l'Autorité.

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