Elections en Europe : "Il y a un grand cri d'alarme sur ce que ressentent les populations" envers l'Europe

Pervenche Bérès, députée européenne socialiste, est revenue, lundi pour franceinfo, sur l'élection du président autrichien et le référendum italien, qu'elle juge comme "un grand cri d'alarme" de ces populations envers l'Europe.

Matteo Renzi, Premier ministre italien, lors de l\'annonce de sa démission, le 5 décembre à Rome.
Matteo Renzi, Premier ministre italien, lors de l'annonce de sa démission, le 5 décembre à Rome. (ANDREAS SOLARO / AFP)

Pour la députée européenne socialiste, Pervenche Bérès, invitée lundi 5 décembre de franceinfo, les échéances italiennes et autrichiennes montrent qu'"il y a un grand cri d'alarme sur ce que ressentent les populations" envers l'Europe.

La veille, ces deux pays de l'Union européenne ont soufflé le chaud et le froid. Lors de l'élection présidentielle en Autriche, les votants ont choisi l'écologiste libéral Alexander Van der Bellen face au candidat d'extrême droite Norbert Hofer. En italie, le "non" à un référendum sur une réforme constitutionnelle a entraîné la démission du chef du gouvernement Matteo Renzi. Ce choix a fait entrer le pays dans une période d'incertitudes, notamment économiques.

On a quand même mis en place beaucoup de garde-fous notamment dans le domaine bancairePervenche Bérès
députée européenne
à franceinfo

Au sujet de l'Italie, Pervenche Bérès a expliqué qu'"on n'est pas dans la situation où on était en 2008 quand la crise a éclaté. Mais c'est vrai que ce n'est jamais une très bonne nouvelle quand l'Italie se retrouve à nouveau dans une période d'instabilité financière". La députée a néanmoins confié trouver que l'hypothèse de la mise en place d'un gouvernement technique avec le ministre des Finances italien, Pier Carlo Padoan, lui semble "très sérieuse".

Par ailleurs, Pervenche Bérès a des difficultés à se féliciter du vote en Autriche : "Vous vous rendez compte qu'on est dans un moment où on se réjouit d'une victoire au deuxième tour où le représentant de l'extrême droite a recueilli plus de 40% des suffrages ?", s'est-elle interrogée, avant d'admettre qu'elle ressentait une "satisfaction mitigée [car elle a] conscience qu'il y a un grand cri d'alarme sur ce que ressentent les populations, ce qu'elles entendent comme message et leurs inquiétudes face à une mondialisation qu'on leur a vendue comme heureuse et dont ils ne voient pas au jour le jour les bénéfices pour eux-mêmes".

La Commission européenne assouplit sa politique budgétaire

Face à la méfiance des populations, la présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen voit d'un bon œil l'assouplissement de la politique budgétaire de la Commission européenne : "C'est une grande première, c'est un retournement. J'espère que ce n'est pas trop tard. J'espère surtout du côté des ministres des Finances de la zone euro cette démarche sera soutenue."

Selon Pervenche Bérès, il y a deux problèmes majeurs concernant l'Europe. Il manque de "débats éclairés sur ces enjeux européens". Le second est que "l'austérité ne peut pas être la seule réponse apportée à la crise".

"Ce n'est jamais une bonne nouvelle quand l'Italie se retrouve dans une période d'instabilité financière", Pervenche Bérès
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