Législatives en Allemagne : Merkel gagnante, mais affaiblie par l'extrême droite

Au terme des élections législatives tenues ce dimanche 24 septembre, Angela Merkel occupera donc le poste de chancelière pour la quatrième fois consécutive. Mais l'extrême droite entre au Bundestag.

France 2

En Allemagne, "si la CDU d'Angela Merkel a clairement remporté ces élections législatives, la chancelière sort affaiblie de ce scrutin, son parti n'obtient que 33% des voix, c'est le pire résultat de la CDU depuis 1949", explique le journaliste de France 2 Amaury Guibert, en duplex depuis Berlin (Allemagne). Les grands vainqueurs de ce 24 septembre sont en fait les populistes du parti d'extrême droite AfD. "Crédité de 13% des suffrages, il est ce soir la troisième force politique d'Allemagne. Il va faire une entrée fracassante au Bundestag avec un groupe de 90 députés environ", souligne-t-il.. Du jamais-vu en Allemagne depuis 1945. Ces populistes entendent bien bouleverser la vie politique nationale, avec un discours décomplexé et volontairement provocant.

La fin d'une exception européenne

Aux quatre coins du pays, ils sont devenus de plus en plus visibles, de plus en plus bruyants. Les populistes de l'AfD ont suivi une stratégie durant la campagne : perturber autant que possible les meetings d'Angela Merkel, leur ennemie numéro 1. Ils l'accusent de trahison en raison de sa politique migratoire après l'accueil de plus d'un million de réfugiés en 2015. Créé il y a plus de quatre ans, l'AfD était à l'origine un parti anti-européen, qui a peu à peu glissé vers une ligne anti-immigration et anti-islam. La crise des réfugiés a été un tournant, propulsant la formation populiste au-dessus des 10% dans les sondages. L'AfD fait tomber les tabous les uns après les autres, notamment sur l'histoire allemande. Un député de l'AfD élu ce dimanche avait fait scandale en déclarant : "Nous avons le droit d'être fiers de ce qu'ont fait nos soldats pendant les deux guerres mondiales". L'arrivée de l'extrême droite dans l'hémicycle du Bundestag est un événement, mais aussi la fin d'une exception : l'Allemagne était l'un des rares pays en Europe où les populistes n'avaient pas d'élus au Parlement.

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La chancelière Angela Merkel vote pour les élections législatives, à Berlin (Allemagne), le 24 septembre 2017.
La chancelière Angela Merkel vote pour les élections législatives, à Berlin (Allemagne), le 24 septembre 2017. (MAURIZIO GAMBARINI / ANADOLU AGENCY / AFP)