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Economie : faut-il plus ou moins d'Europe ?

L'Union européenne aide-t-elle économiquement la France ou, au contraire, la dessert-elle ? À chaque parti politique sa vision très tranchée sur la question.
Article rédigé par Laëtitia Heuveline
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
  (Quel avenir (politique) pour l'Europe (économique) ? © Radio France / Nathanaël Charbonnier)

Aucun pays ne peut s'en sortir seul face aux grandes puissances. C’est en substance la position des pro-européens, des europhiles convaincus, qui assurent que, malgré les changements nécessaires et inéluctables, l'Europe protège la France et l'aide à rebondir, autant sur le terrain économique que social.

"Nous avons besoin de nous regrouper", assure Vincent Peillon, tête de liste socialiste dans le Sud-Est, "il faut s’organiser ensemble en préservant notre modèle social, de salaire minimum. Une Europe dirigée par la gauche se recentrerait sur la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. " À l'image du premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui appelle les Français au vote utile, Vincent Peillon enfonce le clou : "Dimanche prochain , il n'y a qu'un choix : continuer avec la droite ou réorienter la construction européenne. "

 

  (Patrick Le Hyaric, tête de liste du Front de gauche en Ile-de-France © European Union)

 

Ce refus de la spéculation, le communiste Patrick Le Hyaric l'a placardé partout sur ses affiches de campagne avec ce slogan "Non à l'Europe de la finance, l'humain d'abord". Le représentant du Front de gauche en Ile-de-France est très vindicatif sur le sujet. Pour lui, "le courage est de s’attaquer à une transformation de la Banque centrale européenne et de changer le rôle de la monnaie unique. Aujourd’hui c’est une monnaie qui ne sert pas l’emploi et le développement économique et social, mais qui sert la spéculation, puisqu’elle est conçue pour être en rivalité avec le dollar. " Un programme articulé donc autour du partage des richesses et la lutte contre le diktat financier.

Ce point de vue, évidemment, est loin d’être partagé par tous les bords politiques, Front National en tête, qui milite pour une sortie de l'euro. L'argument indémontable d'après Florian Philippot tête de liste dans l'Est, c'est que cela fonctionne ailleurs : "Il y a des pays libres, et non pas seuls, qui ont démontré qu’ils pouvaient être plus forts. Par exemple le Japon, le Canada, la Suisse ou certains pays d’Europe du Nord qui sont beaucoup plus prospères que nous. "

Alors, une sortie de l'euro pour redonner du pouvoir d'achat et redynamiser la croissance européenne ? Absolument pas, répond Alain Lamassoure pour l'UMP. Et lui d’ajouter : "Le Pen et les spéculateurs, même combat ! " L'ancien ministre du Budget, tête de liste en Ile-de-France, assure qu'une sortie de l'euro serait catastrophique et que cela "ruinerait la France et les Français et notamment les plus endettés. Il ne faut pas oublier que s’il peut paraitre malin de dire 'la France n’arrive pas à être assez compétitive par rapport à ses partenaires, donc elle va baisser la valeur de sa monnaie en sortant de l’euro', et bien nos partenaires vont faire la même chose !"

 

  (Alain Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France © Radio France - Laetitia Heuveline)

 

La réponse de l’UMP : faire de la France un terre de producteurs avec une mise en commun des budgets de recherche et d'investissements d'avenir, la mise à niveau de la législation pour des conditions de concurrence loyale entre les 28 pays membres, le tout cumulé à une convergence fiscale et sociale.

Une idée de convergence dont le centre s'empare aussi. Marielle de Sarnez, candidate de l'UDI-MoDem en Ile-de-France, continue de répéter qu'une entité ne peut pas fonctionner avec des systèmes disparates, et "qu’on ne peut plus rester comme ça avec des inégalités au sein même de la zone euro. Il faut donc faire converger les systèmes, et rapidement - nous disons à cinq ans. Il va donc falloir du volontarisme politique. " Le MoDem réclame également un droit du travail européen.

Au milieu de ces poids-lourds de la politique, on trouve aussi des petits nouveaux très actifs sur cette question économique. Dont un, par exemple, qui se fait appeler le Parti pirate. Un parti de jeunes actifs, issus de la génération Y, qui ont toujours vécu avec les nouvelles technologies. Ils ont choisi leur nom en référence au hacker, le pirate informatique. Ils prônent la défense des libertés fondamentales, le partage des savoirs et l'égalité des droits.

 

  (Véronique Vermorel, tête de liste du Parti pirate en Ile-de-France, et Thomas Watanabe Vermorel, porte-parole © Radio France / Laetitia Heuveline)

 

Leur tête de liste en région parisienne Véronique Vermorel entend aider les créateurs d'emploi, à savoir les entrepreneurs. "Déjà par un système de subvention efficace",  insiste-t-elle. "Pour l’instant des subventions existent mais elles arrivent des années plus tard. Il faut que ces subventions arrivent en amont. Comment ? En tapant sur ceux qui ont apporté la crise, c’est-à-dire sur les marchés spéculatifs. "

Une vision que ces flibustiers distillent partout dans le monde. Créé en 2006 dans le cyber-espace, le parti pirate est présent dans plus de 70 pays.

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