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Champions League:l'Ukraine est en guerre pas son foot

Etonnant paradoxe. Alors que l’est de l’Ukraine est en guerre, le club de foot de Donetsk continue de jouer. Toujours en course dans la coupe d’Europe, il recevait le 17 février 2015, le prestigieux club allemand du Bayern. La rencontre a juste été délocalisée à Lviv, dans l’ouest ukrainien.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Shaktar Donetsk)
«Business as usual» pourrait-on dire. Pendant la guerre, le football continue!

Et, bien que son stade de la Donbass Arena, ait été touché par des bombardements, le Club du Shaktar Donetsk n’a pas raccroché les crampons.
Le stade est trop dangereux ? Alors les matchs du club de  la capitale du Donbass se déroulent désormais à Lviv, la plus grande ville de la partie occidentale de l’Ukraine. Une ville dont  le maire nationaliste clamait en février 2014, selon le Monde, son attachement à une Ukraine unie. «Nous nous battrons pour défendre chaque mètre carré du pays».

Délocalisé à Lviv  
Et ce n’est pas le propriétaire du Shaktar qui va dire le contraire. Rinat Akhmetov a fait fortune dans le charbon, créant sa société au moment de l’explosion de l’URSS. Notre oligarque est vicéralement contre les séparatistes. Au point que, en mai 2014, il a fait débrayer ses ouvriers (lien payant) pour une manifestation contre la scission du pays.

On comprend que son club soit comme chez lui dans la lointaine et nationaliste ville de Lviv. Du reste le Shaktar semble y avoir trouvé de nouveaux supporters, la rencontre contre le Bayern de Munich se déroulant à guichets fermés.
 
On ne sait pas si les habitants du Dombass auront été nombreux à venir suivre la rencontre, même si le club a mis en place un pass VIP valable pour tous les matchs au stade de Lviv. Imaginez les matchs du Racing de Strasbourg délocalisés à Brest !
  (Shaktar Donetsk)

Défections 
A l’été 2014, après le crash de l’avion de la Malaysia Airlines, le club avait été secoué par une crise profonde. Six joueurs étrangers n’ont pas voulu retourner en Ukraine. Un incident qui n’a pas empêché le club de reprendre le championnat comme prévu le 25 juillet.
A présent, l’équipe aligne tout un bataillon de joueurs étrangers. Le milieu de terrain est quasi exclusivement brésilien. Quant à l’entraineur, Mircea Lucescu, il est Roumain.
 
Une internationalisation courante dans le monde du foot qui a le mérite, dans le cas précis, d’éviter toute crispation entre pro-indépendantistes et nationalistes.
Pas de politique donc. Le sport, rien que le sport ! Et de l’humanitaire aussi. Selon Segei Palkin, le manager général du club, le FC Shaktar depuis l’été 2014, vient en aide à tous les habitants du Donbass. Le stade est devenu la plaque tournante de la distribution d’aide.

Un rôle humanitaire 
Selon Sergeï Palkin, 1,3 million colis d'aides ont été distribués et 250.000 écoliers ont eu un cadeau au nouvel an. Des enfants blessés lors des combats ont bénéficié d’une «assistance médicale».
430 employés du club et leurs proches participent à cette opération caritative. Les joueurs s’investissent également. Ainsi le capitaine croate Darijo Snra a envoyé vingt tonnes de mandarines aux étudiants de la ville.
 
Quand au championnat ukrainien, il reprend le 28 février après deux mois de trêve hivernale. Le Shaktar est actuellement second derrière son adversaire de toujours le Dynamo de Kiev.
 
L’histoire est au final très cynique et paradoxale. Un club de football peut survivre, loin de ses racines et de ses supporters. Et cela, alors que partout s’affiche un chauvinisme parfois inquiétant. Et tant que les droits télé feront tourner la machine, il faut rester dans le jeu. Quitte à se produire loin de chez soi.
 

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