Ces hommes détenus depuis novembre par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont arrivés dans la nuit à Barcelone

Les coopérants espagnols s'étaient envolés lundi soir de Ouagadougou (Burkina Faso) pour Barcelone (Espagne).Roque Pascual et Albert Vilalta, deux volontaires de l'ONG catalane Accio Solidaria, avaient été enlevés le 29 novembre 2009 par Aqmi en Mauritanie alors qu'ils participaient à un convoi humanitaire.

Roque Pascual et Albert Vilalta, volontaires de l\'ONG catalane Accio Solidaria, à leur arrivée à Barcelone le 24/08/10
Roque Pascual et Albert Vilalta, volontaires de l'ONG catalane Accio Solidaria, à leur arrivée à Barcelone le 24/08/10 (AFP. J.Lago)

Les coopérants espagnols s'étaient envolés lundi soir de Ouagadougou (Burkina Faso) pour Barcelone (Espagne).

Roque Pascual et Albert Vilalta, deux volontaires de l'ONG catalane Accio Solidaria, avaient été enlevés le 29 novembre 2009 par Aqmi en Mauritanie alors qu'ils participaient à un convoi humanitaire.

Auparavant, on apprenait depuis Bamako la libération de l'auteur de l'enlèvement des deux Espagnols, le Malien Omar Sid'Ahmed Ould Hamma, dit "Omar le Sahraoui", qui, selon le parquet de Nouakchott, avait agi comme "mercenaire" d'Aqmi. Son retour au Mali était une des exigences d'Aqmi pour la libération des deux otages espagnols.

Les quotidiens espagnols El Mundo et ABC ont affirmé que le processus de libération des deux Catalans ne s'est enclenché qu'après cette extradition.

Madrid pourrait avoir payé une rançon
Aqmi a reçu "en tout 8 millions d'euros" du gouvernement espagnol pour libérer les deux otages, a affirmé à l'AFP un médiateur malien impliqué des les affaires de libération d'otages européens.

"8 millions d'euros, c'est aussi mon chiffre. C'est ce que l'opération a coûté au gouvernement espagnol, qui n'a pas fait comme les Britanniques qui ne voulaient pas payer. L'Espagne a payé", a affirmé de son côté à l'AFP un élu du nord du Mali, également impliqué dans les négociations.

Le gouvernement espagnol a payé 7 millions d'euros pour obtenir la libération des otages espagnols, assurait mardi le journal espagnol El Mundo sans citer ses sources. Selon ce quotidien une première somme de 3,8 millions d'euros avait été payée en janvier mais une bonne part de l'argent avait été prélevée par des intermédiaires et seuls 1,5 million étaient parvenus aux ravisseurs qui exigeaient 3,8 millions d'euros. Une nouvelle somme de 3 millions d'euros (2,3 millions pour les ravisseurs et 770.000 pour les intermédiaires) a été payée entre avril et mai pour que les ravisseurs disposent de la somme exigée de 3,8 millions et accepte de libérer Roque Pascual et Albert Vilalta, assure encore El Mundo.

Les négociateurs kurkinabés ont nié au contraire l'existence d'une "quelconque rançon" payée par l'Espagne aux ravisseurs.

De son côté, le gouvernement espagnol n'a fait mention, lundi, d'aucune rançon lorsqu'il a officialisé la libération de ces deux volontaires de l'ONG espagnole. Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero a remercié les services espagnols pour leur travail ainsi que les "gouvernements (africains) de la zone" de la prise d'otage.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a affirmé lundi dans un message enregistré, avoir libéré les deux Espagnols parce que certaines de ses revendications avaient été satisfaites sans préciser lesquelles, d'après le quotidien espagnol El Pais.

Des otages épuisés

Les deux ex-otages avaient embarqué visiblement épuisés, Albert Vilalta se déplaçant à l'aide d'une béquille. "C'est un jour très important pour nous, ces neuf mois en otages ont été durs et maintenant nous sommes libres. Je suis très heureux et très ému", a dit Albert Vilalta lors d'une courte déclaration à son arrivée à l'aéroport. "Nous avons été traités correctement. Nous vivions comme eux (les preneurs d'otages)", a-t-il ajouté. "Nous savons que le gouvernement espagnol a fait un effort diplomatique considérable avec tous les gouvernements de la région. Nous sommes très fiers de notre gouvernement", a ajouté l'ancien otage.

José Luis Rodriguez Zapatero, lors d'une brève déclaration pour annoncer cette libération, a indiqué c'est "une très bonne nouvelle" qui "met fin à une action terroriste qui n'aurait jamais dû se produire", a poursuivi M. Zapatero avant de "remercier les différents gouvernements, surtout ceux de la zone où s'est produite cette prise d'otage".

Conditions satisfaites pour Aqmi
Le mois dernier, le groupe Aqmi a tué l'otage français Michel Germaneau, 78 ans, après un raid contre une base d'Aqmi, dans le Sahara, auquel ont participé des troupes françaises. Al-Qaïda au Maghreb a affirmé lundi que les otages espagnols ont été libérés parce que certaines de ces conditions ont été satisfaites, soulignant que la libération constituait une "leçon pour les services secrets français".

Le Quai d'Orsay n'a pas voulu commenter "les déclarations de terroristes".

La libération des deux Espagnols intervient dans le cadre d'un accord impliquant la libération d'un activiste, a rapporté dimanche la chaîne de télévision Al Arabiya. Ce dénouement survient, en effet, une semaine après l'extradition par Nouakchott vers son pays du Malien Omar Sid'Ahmed Ould Hamma, condamné à 12 ans de prison assortis de travaux forcés pour l'enlèvement des humanitaires espagnols le 29 novembre 2009 en Mauritanie. Il avait agi pour le compte d'Aqmi qui les avait ensuite transférés dans le nord du Mali.