Benoit XVI et d'autres hommes d'église ont rappelé la France à l'ordre, ce week-end, au sujet des expulsions de Roms

Devant des pèlerins français, à sa résidence d'été de Castel Gandolfo, le pape a appelé dimanche à l'accueil des hommes de toutes origines, une allusion directe à la question des Roms.Lundi, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est dit "tout à fait disposé" à recevoir le président de la conférence épiscopale, le cardinal André Vingt-Trois.

Le pape Benoit XVI au Vatican (ici en juin 2010).
Le pape Benoit XVI au Vatican (ici en juin 2010). (AFP - Alberto Pizzoli)

Devant des pèlerins français, à sa résidence d'été de Castel Gandolfo, le pape a appelé dimanche à l'accueil des hommes de toutes origines, une allusion directe à la question des Roms.

Lundi, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est dit "tout à fait disposé" à recevoir le président de la conférence épiscopale, le cardinal André Vingt-Trois.

En réponse, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré être "tout disposé" à rencontrer le ministre de l'Intérieur "dans les prochaines semaines".

"Je suis ministre des cultes", avait rappelé Brice Hortefeux et "si certains souhaitent me rencontrer, je serais tout à fait heureux de le faire pour écouter ce qu'ils ont à me dire" et "rappeler que nous agissons dans le cadre de textes prévus par la Commission européenne". "Nous sommes respectueux des droit individuels car nous reconduisons (les Roms) sur la base du volontariat et avec un concours financier", a-t-il fait valoir.

Depuis quelques jours, l'église catholique monte au créneau face au durcissement de la politique française à l'égard des Roms. Vendredi, un responsable du Conseil pontifical a déclaré que "les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes". Il a précisé: "Il y a un principe de proportionnalité dans les réactions qu'on peut avoir vis-à-vis des délinquants. On ne peut pas généraliser et prendre tout un groupe de personnes et les expulser. La responsabilité est personnelle, elle n'est pas collective."

Dimanche, lors de la prière de l'Angelus, le pape a déclaré: "Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue". Il avait ajouté: "Chers parents, puissiez-vous éduquer vos enfants à la fraternité universelle."

Les gitans catholiques rassemblés à Lourdes pour le 54e pèlerinage gitan se disaient lundi "heureux" ou "soulagés" par l'intervention du pape Benoît XVI, qui a désappouvé la veille la politique sécuritaire du gouvernement français à l'égard des Roms. "C'est extraordinaire, je commence à voir une lueur, je vois qu'on ne nous a pas oubliés. C'est ce qu'on attendait du pape avec impatience", s'est réjoui Alain Daumas, responsable de l'Union française des associations tsiganes (UFAT), qui a participé dimanche à la grande procession annuelle des gens du voyage à la grotte miraculeuse.

Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé fin juillet que les camps illégaux de Roms seraient démantelés et certains criminels d'origine étrangère déchus de leur nationalité française. Ces mesures, qui établissent un lien entre immigration et insécurité, ont commencé d'être mises en application jeudi 19 et vendredi 20 août, avec l'expulsion vers la Roumanie et la Bulgarie de plus de 200 Roms.

Cette politique s'est attirée les critiques de la gauche française, de quelques responsables de droite, mais aussi de dirigeants roumains et du Conseil de l'Europe.

A noter que qu'il allait demander à l'Union européenne l'autorisation d'expulser des Roms.

Dimanche, en écho aux propos de Benoît XVI, et même leur colère.