Aurore Martin dénonce le rôle de Manuel Valls dans son extradition vers l'Espagne

De retour en France, la militante basque revient sur son "arrestation-extradition" lors d'un contrôle routier dans les Pyrénées-Atlantiques. D'après elle, l'opération n'est pas le fruit du hasard mais serait liée à une volonté politique de Manuel Valls.

(Regis Duvignau Reuters)

La version du gouvernement concernant l'affaire Aurore
Martin est connue :

Le contrôle routier du 1er novembre dernier à
Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, au cours duquel Aurore Martin a été arrêtée
? Ce n'est pas un coup de filet mais un pur hasard.L'extradition vers l'Espagne le jour même ? La simple
application du mandat d'arrêt européen
émis en 2010 par Madrid à l'encontre la
militante basque suspectée d'avoir participé à des réunions illégales du parti
indépendantiste Batasuna.

Une version contestée ce mardi par Aurore Martin. Quinze
jours après son retour en France
, la militante était l'invitée de France Bleu
Pays Basque. 

Une arrestation liée à Manuel Valls ?

Depuis une tentative d'arrestation en juin 2011, Aurore
Martin assure qu'elle n'avait pas été inquiétée : "J'ai beaucoup roulé en
voiture, j'ai croisé beaucoup de contrôles. J'ai fait des démarches (administratives)
et donné des interviews à Batasuna. J'étais revenu à une vie normale et
publique
". Mais d'après la militante basque, le changement s'est opéré
après une rencontre entre le ministre français de l'Intérieur et son homologue
espagnol. "En l'espace de dix jours, il y a eu trois arrestations et des
déclarations très fortes sur l'ETA. On peut dire que M. Valls savait où il
allait
".

Une extradition "très organisée"

La militante basque explique qu'elle a eu réellement
l'impression d'être arrivée à un contrôle routier le 1er novembre
dernier. Mais c'est la suite qui l'a surprise. "En l'espace de cinq
heures, j'ai été remise de la police français à la police espagnole. Les choses
ont été faites pour que tout se fasse vite. D'ailleurs, les Espagnols se sont
réjouis de la coopération avec les Français. Moi je ne pense pas que c'était
fortuit
".