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Après l'Ecosse, la Catalogne rêve à son tour d'un référendum sur l'indépendance

Le président du gouvernement régional a signé un décret ouvrant la voix à une consultation. Mais le gouvernement a averti les indépendantistes qu'une tel vote serait illégal.

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France Télévisions
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Des militants de l'indépendance catalane témoignent de leur soutien au chef du gouvernement régional Artur Mas, après la signature d'un décret ouvrant la voie à un référendum, samedi 27 septembre. (LLUIS GENE / AFP)

L'échec écossais n'a pas échaudé la Catalogne. Artur Mas, président du gouvernement régional, a signé un décret (en castillan et catalan) ouvrant la voie à un référendum d'autodétermination, samedi 27 septembre.

"La Catalogne veut parler, elle veut être entendue. Elle veut voter. Le moment est venu et nous avons le cadre juridique pour le faire", a-t-il expliqué lors d'une cérémonie organisée au Palau de la Generalitat, le siège de la l'exécutif régional à Barcelone (Espagne). Selon les termes du texte, ce vote est prévu le 9 novembre. Et la question adressée aux habitants sera la suivante : "Vol que Catalunya esdevingui un Estat ?" ("Voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat ?").

Artur Mas, chef du gouvernement catalan, signe un décret ouvrant la voix à un référendum d'indépendance, samedi 27 septembre à Barcelone (Espagne). (JORDI BEDMAR / POOL)

Ce décret concrétise la poussée indépendantiste des derniers mois. Plusieurs manifestations ont réuni des centaines de milliers de militants, qui réclament le droit de se prononcer pour leur avenir, à l'instar des Ecossais. Le 11 septembre, par exemple, les autorités locales ont revendiqué 1,8 million de manifestants à l'occasion de la "Diada", la fête nationale catalane.

Plus largement, une écrasante majorité de Catalans – jusqu'à 80% – réclament le droit de pouvoir être consultés sur l'avenir de leur province, selon plusieurs sondages.

Madrid invoque la Constitution espagnole

Pour autant, rien ne garantit l'organisation d'un référendum en novembre. Madrid entend bien bloquer la procédure, au nom de la Constitution espagnole.

Soraya Saenz de Santamaria, vice-présidente du gouvernement, a rappelé qu'aucun "exécutif n'est au-dessus de la volonté souveraine du peuple espagnol" et qu'une telle consultation est donc illégale. Par ailleurs, elle accuse Artur Mas de miner l'unité de la province. "Nous pensons que l'initiative du président de Catalogne est une erreur. Elle fracture la société catalane, divise le peuple catalan et l'éloigne de l'Europe et de l'esprit du temps."

De son côté, Mariano Rajoy a convoqué une réunion extraordinaire de son gouvernement ce lundi. Le président du gouvernement espagnol prévoit en effet d'officialiser le dépôt d'un recours devant la Cour constitutionnelle. Cette procédure devrait automatiquement suspendre le processus électoral jusqu'à ce que la juridiction suprême ait rendu son verdict. Or ce processus peut prendre des années.

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