13h15, France 2

VIDEO. La France serait-elle devenue la troisième puissance aérospatiale sans les ingénieurs du IIIe Reich recrutés dès 1945 ?

Les ingénieurs et techniciens allemands ayant notamment travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale sur le missile balistique V2, ont contribué de façon décisive à la future réussite aérospatiale française…. Extrait de "13h15 le dimanche" du 4 mars.

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En ce jour de mars 1959, les images de la fusée Véronique, premier lanceur développé par la France, passent aux actualités, comme la plupart de ses lancements. Dans les commentaires, jamais il n'est précisé que les scientifiques s’affairant autour de l’engin ne sont pas tous français. Il n’est jamais fait mention du nom de ces ingénieurs et techniciens du IIIe Reich ayant notamment travaillé sur la mise au point du missile balistique V2.

Ces anonymes œuvrent pourtant sans relâche dans l’ombre. C’est même l’un d’entre eux, Karl-Heinz Bringer qui va concevoir le moteur de la fusée Ariane. Une idée qu’il avait eue dès la fin de la guerre : "J’ai réfléchi sur ce moteur et il est né comme ça. Je me suis dit que j’allais faire un petit dessin et que je le présenterais pour voir si les messieurs étaient d’accord." Grâce à ses esquisses et ses indications, la France se dote du moteur ultra-performant Viking. L’ingénieur était même certain qu’il allait marcher "jusqu’à l’année 2000".

"Il y a encore des gens qui ne veulent pas qu’on en parle"

Le vol inaugural de la première version du lanceur français Ariane 1 a lieu le 24 décembre 1979 de la base de Kourou, en Guyane française. Une journée historique retransmise par la télévision. Sans le travail de l’ingénieur Bringer, recruté par le Laboratoire de recherche balistique et aérodynamique installé en Normandie, et la contribution de ses collègues allemands, la France ne serait sans doute jamais devenue la troisième puissance aérospatiale au monde.

Le rôle décisif de ces scientifiques dans la réussite de ce programme a lentement glissé dans les interstices de la mémoire… "On ne voulait pas que l’on puisse dire que c’était des Allemands qui travaillaient dessus, rappelle aujourd’hui le fils de l’ingénieur Joseph Schlotzer. C’était un projet français, point barre ! Aujourd’hui, il y a encore des gens qui ne veulent pas qu’on en parle. Je ne me l’explique pas. De leur côté, les Américains ne se sont jamais gênés pour le dire, mais en France, on ne le dira pas."