Médicaments génériques : pénaliser les patients qui les refusent

Des médicaments moins bien remboursés pour les patients récalcitrants aux génériques, c'est ce que prévoient les nouvelles règles de la Sécurité sociale. Les syndicats de médecins sont vent debout.

FRANCE 2

Refuser un médicament générique risque de coûter plus cher au patient. La mesure est discutée en ce moment à l'Assemblée nationale. Dès 2020, le patient qui refusera un générique et demandera un médicament de marque devra payer de sa poche. L'assurance maladie le remboursera sur la base du prix du générique. Les usagés sont partagés. "Je choisis déjà des génériques de façon systématique, quand je peux, ça ne me pose pas forcément de problème", explique le client de cette pharmacie. Pour le suivant, en revanche, ce sera "non", car "on est suffisamment taxé déjà".

36% des médicaments achetés sont des génériques

Les pharmaciens, eux, redoutent de faire face à des patients mécontents. "Nous craignons les conflits au comptoir", explique Philippe Besset, vice-président fédéral des syndicats pharmaceutiques. En France, les génériques ne représentent que 36% des médicaments achetés, contre 86% en Allemagne et au Royaume-Uni. Aujourd'hui, les médecins peuvent prescrire des médicaments de marque, mais ils doivent indiquer sur l'ordonnance s'ils sont non substituables. Si la loi est votée, cette mention ne suffira plus, ils devront en plus la justifier.

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À partir du 1er août 2018, ces quatre médicaments anti-Alzheimer, Aricept, Ebixa, Exelon et Reminyl ainsi que leurs génériques ne seront plus remboursés. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)