Espagnols et Français plus riches que les Allemands ? Une étude controversée

Une étude de la Bundesbank affirmant que le patrimoine des ménages allemands est inférieur à celui des Espagnols ou des Français et, sous certains aspects, à celui des Italiens, a été très critiquée en Allemagne pour une méthodologie jugée peu fiable.

Appartements à Berlin.
Appartements à Berlin. (AFP / Wilfried Kecichwost)
Selon l’étude, disponible en allemand et en anglais, les ménages allemands possèdent en moyenne un patrimoine de 195.200 euros, contre 285.800 pour les ménages espagnols et 229.300 pour les ménages français.

Le patrimoine médian (niveau au-dessus duquel se situe la moitié des ménages) serait seulement de 51.400 euros en Allemagne, soit deux à trois fois moins qu'en France (113.500), en Espagne (178.300) ou en Italie (163.900).

Mais l'influent site internet Spiegel Online, énumérant une série de problèmes méthodologiques (périmètre du patrimoine incomplet, dates de référence différentes), estime que la très réputée banque centrale allemande mérite à peine une note «passable» pour ce travail. 

Face à des chiffres qui ont suscité l'étonnement, la principale explication donnée par la Bundesbank d'un tel écart avec des pays considérés comme plus pauvres est la faible proportion des Allemands propriétaires de leur logement.

Seuls 44,2% des Allemands possèdent leur habitation
C'est l'immobilier qui explique la raison essentielle de cette relative pauvreté allemande. Seuls 44,2% des Allemands sont propriétaires, contre 57,9% des Français et 82% des Espagnols, selon l'institution monétaire allemande. Or, les propriétaires immobiliers sont en moyenne bien plus riches que les autres. L'impact de la réunification allemande a également fait baisser la moyenne, relève la Bundesbank.

A l'heure où les pays latins critiquent volontiers l'égoïsme de la riche Allemagne, l'étude largement médiatisée outre-Rhin est passée au crible. Le fait de comparer les patrimoines à des dates différentes, parfois anciennes, a été notamment épinglé. Ainsi, la valeur retenue pour le patrimoine immobilier des Espagnols remonte à 2008. Or, celle-ci s'est effondrée depuis, avec l'éclatement de la bulle immobilière.
 
L'étude ne prend pas en compte les droits à la retraite, ni les prestations sociales, qui représentent quasiment la seule richesse des ménages modestes. Comparer le patrimoine des ménages, et non des individus, pose également problème, dans la mesure où leur taille moyenne est plus importante dans les autres pays européens qu'en Allemagne, qui compte beaucoup de personnes vivant seules.