Coup de frein pour le diesel à Berlin, où une vingtaine de rues lui seront bientôt interdites

La capitale allemande a été sommée par la justice, mardi, d'interdire la circulation de la plupart des véhicules diesel sur 15 km de rues, à compter du printemps 2019.

La circulation routière dense à Berlin, le 8 octobre 2018.
La circulation routière dense à Berlin, le 8 octobre 2018. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Alors que les pays de l'Union européenne ont peiné mardi 9 octobre à se mettre d'accord sur une baisse de 35% des émissions de CO2 pour les voitures neuves en 2030, Berlin semble faire figure de territoire précurseur. La ville n'acceptera plus la plupart des diesels dans une vingtaine de rues, courant 2019. La capitale de l'Allemagne n'a pas eu le choix. Une décision judiciaire l'y oblige. 

Une ONG à l'origine du couperet pour le diesel

Quelque 200 000 automobilistes seraient concernés, selon des estimations de la presse allemande. Quelles seront les exceptions ? À quelle date précise la mesure sera-t-elle appliquée ? De nombreuses questions restent en suspens. Le gouvernement local berlinois ne sait même pas encore comment il va s’y prendre pour faire respecter une interdiction valable dans certaines rues, mais pas dans d'autres. La mesure passera peut être par une vignette ou une plaque d’une autre couleur, comme le plaide l’ONG Deutsche Umwelthilfe à l’origine de la procédure.  Dorothee Saar, qui s’occupe de la question des transports et de la qualité de l’air au sein de l'organisation, reconnaît que l'affaire n'est pas simple. C'est pourquoi l'interdiction dans tout le centre-ville avait été demandée. "C’est un défi pour les automobilistes de savoir quelle rue est interdite et quelle autre ne l’est pas, dit-elle. 

Avec ces quelques tronçons, on ne pourra voir le résultat que dans quelques années et on est à peu près sûr que cela n’aura que peu d’effet. C’est une perte de temps.Dorothee Sarr, de l'ONG Umwelthilfe à franceinfo

"On avait là une chance d’avancer mais sur cette question, l’Allemagne est plutôt du genre à faire pencher la balance du mauvais côté", ajoute la militante écologiste.

Les cyclistes voulaient plus, les automobilistes voulaient moins

Au pays de la voiture et du diesel, il n’y a pas que les constructeurs qui font de la résistance, les automobilistes aussi. "Ils nous embêtent avec leur interdiction, s'exclame Mustafa, propriétaire d’un véhicule diesel et commerçant dans Brückenstrasse, l’une des rues bientôt interdites. Les très vieilles voitures je veux bien,  mais les diesels pas trop vieux comme le mien, franchement…" Plusieurs cyclistes rencontrés dans ce quartier sont évidemment bien plus catégoriques, à l'image d'Enrique.

Rien n’est bon pour l’environnement. Les vieux diesels comme les voitures essence, il faudrait tous les interdire.Enrique, cycliste à Berlinà franceinfo

Berlin est la quatrième ville allemande où le diesel est en partie banni. D’autres pourraient suivre. Des procédures judiciaires identiques sont en cours dans une trentaine de villes.