Philosophie : un mur peut-il vraiment disparaître ?

30 ans après la chute du mur de Berlin, le 23h philo évoque la notion de frontière, de séparation. Un sujet dans l’air du temps.

Franceinfo

Quand on revoit les images du mur de Berlin, on ressent encore ce sentiment de libération, mais aussi ce sentiment d’étouffement. Même franchi, le mur reste un symbole de séparation”, commence Géraldine Mosna-Savoye, productrice de l’émission “Le Journal de la philo” sur France Culture. Invitée du 3h, la journaliste s’interroge sur le concept même du mur : “Pourquoi ce paradoxe ? Le mur évoque déjà l’idée d’un obstacle insurmontable. Barrière physique et mentale, le mur, autrefois rassurant, est devenu avec le temps une limite intérieure et morale à ne surtout pas franchir d’après Michel Foucault, qui a énormément travaillé sur les prisons, les hôpitaux”.

Un mur à franchir, arpenter, contourner

Considérant que “d’un côté, le mur semble infranchissable mais il appelle aussi à être franchi, comme on le retrouve avec l’expression “Faire le mur””. L’invitée cite deux exemples concrets : “On le voit bien en Cisjordanie et aux États-Unis, où le mur installé par Donald Trump à la frontière avec le Mexique n’empêche pas les immigrants d’entrer sur le sol américain”. Enfin, “avec des politiques migratoires plus restrictives, les hommes politiques évoquent, en filigrane, la notion de mur infranchissable ; mais ils oublient de parler de points de passage, de mise en relation”, indique Géraldine Mosna-Savoye. La productrice rappelle que Socrate se définissait avant tout comme un “citoyen du monde”.

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La chute du mur de Berlin (Allemagne). Les derniers panneaux tombent le 11 novembre 1989.
La chute du mur de Berlin (Allemagne). Les derniers panneaux tombent le 11 novembre 1989. (GERARD MALIE / AFP)