Allemagne : ce que l'on sait (et ce que l'on ne sait pas encore) du drame de Münster

Les faits se sont déroulés samedi vers 15h30 sur la place Kiepenkerl, dans le centre de cette ville du nord-ouest de l'Allemagne.

Des policiers et des pompiers déployés à Münster (Allemagne), le 7 avril 2018.
Des policiers et des pompiers déployés à Münster (Allemagne), le 7 avril 2018. (FRISO GENTSCH / DPA / AFP)

Un véhicule a foncé, samedi 7 avril, dans la foule sur une place du centre de Münster (Allemagne), a indiqué la police allemande. Selon les autorités, le bilan est de trois morts, dont l'auteur des faits. Franceinfo fait le point sur ce drame.

Ce que l'on sait

Le déroulement des faits. Le drame s'est noué vers 15h30, heure locale et heure française, dans le centre-ville de Münster, dans l'ouest du pays, sur la place Kiepenkerl. A cette heure, en cette journée ensoleillée, les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients. "L'auteur des faits a foncé sur des terrasses de café et de restaurant sur une place du centre-ville", a expliqué une porte-parole de la police. Le conducteur s'est ensuite suicidé avec une arme à feu "dans son véhicule", selon les autorités.

Le bilan. Dans un premier temps, les autorités avaient avancé le chiffre de quatre morts. Mais le ministre de l'Intérieur de Rhénanie-Westphalie a ramené ce bilan à trois morts, dont l'auteur des faits. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été blessées, dont six grièvement. 

Le centre-ville bouclé. Peu après les faits, des images diffusées à la télévision allemande montraient plusieurs véhicules de police et de pompiers stationnés dans le centre de cette ville de plus de 300 000 habitants. Des policiers étaient stationnés devant des cordons de sécurité, tandis que le centre-ville était évacué. La police a régulièrement appelé sur Twitter les habitants à éviter le centre historique de cette ville fréquentée par de nombreux cyclistes et à ne pas propager de rumeurs. 

La piste islamiste écartée. Dans la soirée, le ministre de l'Intérieur du Land de Rhénanie-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré que "rien n'indique pour le moment qu'on ait affaire à des motivations islamistes".

La nationalité de l'assaillant. Le conducteur du véhicule-bélier était "un Allemand et non un réfugié comme on le colporte partout", a assuré le ministre de l'Intérieur du Land.

Ce que l'on ne sait pas encore

Le mobile. On ignore tout des motivations du suspect. Il n'y a "aucun élément montrant qu'il y ait des motivations politiques" dans ce drame, a déclaré le chef de la police de la ville, Hajo Kulisch. "Les motivations et les causes sont plutôt à chercher chez l'auteur lui-même", a ajouté le chef de la police.

Le profil de l'assaillant. Les médias allemands, dont Bild et le Frankfurter Algemeine Zeitung et le Spiegel, ont eux identifié le conducteur comme Jens R., un homme âgé d'environ 48 ans, qui résidait à Münster, non loin des lieux du drame, et qui souffrait de troubles psychologiques. Selon la presse allemande, l'homme était connu pour un passé de petit délinquant et des actes de violences. Il connaissait des difficultés professionnelles, avait tenté "il y a peu" de se suicider et avait tout récemment clamé son intention de recommencer, cette fois de manière spectaculaire. 

Une source proche de l'enquête a indiqué à l'AFP que, depuis 2015, le conducteur de la camionnette "avait eu des comportements étranges au sein de sa famille liés avec une maladie psychique manifeste""Fin mars un nouvel incident s'est produit lorsqu'il a annoncé à des connaissances par email son prochain suicide", a ajouté cette source. Selon la chaîne de télévision NTV, l'homme a notamment par deux fois menacé des membres de sa famille, dont son père, de les attaquer à coups de hache. Ces informations n'ont pas été confirmées par les autorités.