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A l'exception de Nantes, tous les aéroports situés au nord de la ligne Bordeaux-Nice sont fermés jusqu'à mardi 8h

L'aéroport de Nantes (au 9e rang des aéroports français de métropole) est rouvert jusqu'à mardi 8H00 "au moins", selon un communiqué de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).Une réunion est prévue lundi à 16h15 à Matignon. Paris fait son possible pour faire voler le plus d'avions possibles, a assuré Jean-Louis Borloo.
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A l'aéroport de Roissy, les voyageurs doivent prendre leur mal en patience (AFP - THOMAS COEX)

L'aéroport de Nantes (au 9e rang des aéroports français de métropole) est rouvert jusqu'à mardi 8H00 "au moins", selon un communiqué de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Une réunion est prévue lundi à 16h15 à Matignon. Paris fait son possible pour faire voler le plus d'avions possibles, a assuré Jean-Louis Borloo.

Avant une téléconférence des ministres des Transports européens lundi après-midi, le ministre de l'Ecologie a cependant souligné qu'il n'était question pour l'instant que d'ouvrir des corridors et non l'ensemble de l'espace aérien européen, paralysé depuis jeudi à cause d'un nuage de cendres volcaniques venu d'Islande.

"Les conditions météorologiques laissent penser que la situation sera encore difficile pendant plusieurs jours", a fait savoir dès dimanche, de son côté, le Premier ministre François Fillon.

Des aéroports du sud de la France ont repris du service pour acheminer et rapatrier des passagers bloqués. Ainsi, celui de Marseille devait assurer lundi 40% de son service habituel.

Ces réouvertures devraient permettre de rapatrier une partie des milliers de passagers coincés en France et à l'étranger. "100.000 ou 50.000" Français sont retenus à l'étranger, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ajoutant qu'il était "très difficile de savoir".

Les initiatives françaises ont coïncidé avec un assouplissement des restrictions dans plusieurs pays, notamment en Allemagne pour quelques heures, en Finlande, Suède, Pologne, en Norvège, Autriche, Hongrie, Slovaquie et République tchèque. Environ 30% des vols, soit entre 8000 et 9000 sur les plus de 28.000 prévus, devraient être assurés lundi sur le Vieux continent, a estimé l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (Eurocontrol).

La compagnie italienne Alitalia a annoncé la reprise de ses trois vols entre l'Italie et le Japon. Deux vols commerciaux de KLM, au départ des Pays-Bas et à destination des Emirats arabes unis et de Bangkok/Taipeh, se sont déroulés "sans problème" a annoncé la compagnie néerlandaise.

Une trentaine de pays européens avaient mis en place depuis jeudi des mesures de fermeture ou de restriction partielle de leur espace aérien à mesure du déplacement du nuage de cendres émis par le volcan islandais Eyjafjöll. Lequel nuage est susceptible d'endommager les réacteurs des avions.

Pour tout renseignement, appeler le 39 50 ou consulter le site Aéroports de Paris.

Avions cloués au sol, une situation inédite
Les fermetures d'aéroports et restrictions de vols ont laissé en rade environ 6,8 millions de passagers dans 313 aéroports, selon Airports Council International (ACI), la plus importante organisation professionnelle des aéroports.

Près de 63.000 vols ont été annulés dans l'espace aérien de l'Europe depuis jeudi, dont près de 20.000 dimanche, selon un décompte à la mi-journée de l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (Eurocontrol).

Cette paralysie coûte plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d'euros) au secteur par jour, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA). "C'est exceptionnel et sans précédent en Europe", a déclaré l'un de ses responsables. Cette situation de chaos "est du jamais vu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale", a expliqué un observateur sur la chaîne britannique BBC.

Selon l'Organisation de l'aviation civile internationale, les dommages infligés au trafic par les cendres volcaniques dépassent ceux subis après le 11 septembre 2001.

Toute la France touchée par le nuage volcanique
Tout le territoire français se trouvait dimanche matin sous la zone touchée par les poussières volcaniques venues d'Islande, selon Météo France. "La zone concernée maintenant englobe toute la France, elle est descendue jusqu'aux Pyrénées et la Méditerranée", indique un prévisionniste. Selon lui, en raison d'un anticyclone et de vents très faibles sur la France, "les particules restent en suspension dans l'atmosphère ou tombent petit à petit". "Il n'y a pas de vent ou de pluie pour les lessiver", a-t-il expliqué.

A partir de mardi, la situation devrait être "plutôt défavorable" car des vents de nord-ouest peuvent "ramener à nouveau des poussières venues d'Islande", selon la même source. Jeudi, des "précipitations significatives sont attendues dans le sud de l'Hexagone.

Pour ses prévisions, Météo France se base sur des modélisations de dispersion du panache de fumée du volcan Eyjafjöll ainsi que sur des observations satellitaires. La météorologie nationale collabore par ailleurs avec les services météorologiques des pays voisins.

Quelles conséquences sanitaires ?
Matignon a annoncé samedi une "veille quotidienne" sur la qualité de l'air et la situation sanitaire, tout en assurant que le nuage de cendres volcaniques ne posait dans l'immédiat "pas de risques pour la santé".

Les cendres volcaniques rejetées par le volcan islandais contiennent des particules de verre et de roche pulvérisée qui peuvent endommager les moteurs et le fuselage des appareils. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on ne peut pas exclure que ce nuage pose des problèmes aux personnes souffrant de difficultés respiratoires.

Aucun responsable n'a indiqué pour le moment combien de temps cette situation, qui paralyse une grande partie du ciel européen, allait durer.

Selon l'Institut météorologique d'Islande, les vents devraient continuer à souffler le nuage vers l'Europe pendant les 4 à 5 prochains jours au moins. L'éruption du volcan ne montrait aucun signe d'accalmie samedi. Des experts ont averti qu'elle pourrait durer plusieurs semaines.

Les nuages de cendres peuvent limiter la visibilité et risquent d'endommager les réacteurs des avions, même s'ils se trouvent à très haute altitude.

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