À Bucarest, près de 5 000 Roumains manifestent pour éviter "de remettre la justice sous contrôle politique"

Les manifestants se sont réunis, samedi soir, devant le siège du gouvernement, à Bucarest en Roumanie, pour demander la démission de la Première ministre et pour réclamer l’arrêt des réformes du système judiciaire.

Des personnes brandissent des pancartes lors d\'une manifestation demandant la démission du Premier ministre roumain le 12 mai 2018 devant le siège du gouvernement à Bucarest.
Des personnes brandissent des pancartes lors d'une manifestation demandant la démission du Premier ministre roumain le 12 mai 2018 devant le siège du gouvernement à Bucarest. (DANIEL MIHAILESCU / AFP)

À Bucarest, en Roumanie, 5 000 personnes sont venus, dans la soirée du samedi 12 mai, manifester devant le siège du gouvernement. Ils ont demandé la démission de la Première ministre Viorica Dancila et pour réclamer, une nouvelle fois, l’arrêt des réformes du système judiciaire.

On parle d’une opposition de plus de 4 000 magistrats ! La Roumanie en a plus ou moins 7 000.Raluca Pruna
ex-ministre de la Justice
à franceinfo

Depuis 15 mois, ces réformes préoccupent une grande partie de la classe politique roumaine. Après douze années d'évolutions, "on essaye de remettre la justice sous contrôle politique", confie Raluca Pruna, ex-ministre de la Justice entre 2015 et 2017, venue de Bruxelles pour soutenir les magistrats.

"Deux tiers des magistrats de Roumanie s’oppose, rapporte Raluca Pruna. Cette dernière pense "qu’on ne peut pas réformer un secteur sans la participation directe et l’avis de ceux qui font la profession".

"Devoir de citoyen"

Au milieu de la foule de manifestants, une personnalité très respecté en Roumanie, le philosophe Mihai Șora. Malgré ses cent ans passés, il reste concerné par l’avenir de la Roumanie : "Je suis citoyen de ce pays et en tant que citoyen, j’ai des devoirs." Selon lui, "le premier devoir, c'est de faire en sorte que la justice soit indépendante. Tant qu’il y a des pouvoirs qui se veulent absolues, oui, la justice est menacée".

Malgré le réveil de la société civile et les efforts du président de la République pour stopper la validation de ces anti-réformes de la justice, la majorité parlementaire est décidée à aller jusqu’au bout. Prochaine étape, restreindre encore plus les pouvoirs du président, afin d’arriver à contrôler l’ensemble des institutions vitales du pays.

Manifestation à Bucarest - Reportage de Paul Cozighian
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