25 ans de réclusion criminelle requis contre la "Veuve noire"

25 ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi contre Manuela Gonzales. Cette femme de 53 ans, surnommée la "veuve noire de l'Isère", est accusée d'avoir assassiné son mari en 2008. Jusqu'à la dernière minute de son procès, débuté lundi aux assises de l'Isère, l'accusée a clamé son innocence. 

(Chrystèle Lacène Ministère de la Justice/SCICOM/Chrystèle Lacène)

Lors de son réquisitoire vendredi, l'avocat général Pierre-Marie Cuny a requis 25 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Manuela Gonzales. Surnommée la "veuve noire" à cause de son passé troublant, cette monitrice d'auto-école de 53 ans est accusée du meurtre de son mari, un chaudronnier de 58 ans.

Quelques minutes avant que la cour ne se retire pour délibérer, l'accusée a pris une dernière fois la parole : "J'aimais énormément mon mari et je suis innocente , a-t-elle dit. Les plus belles années de ma vie, je les ai passées avec mon mari, ma fille et mon beau-fils. Je trouve insupportable qu'on puisse m'accuser de l'assassinat de la personne que j'aimais le plus au monde".

Daniel Cano avait été retrouvé mort le 31 octobre 2008 à l'arrière de son véhicule incendié, pas très loin de son domicile de Villard-Bonnot dans l'Isère. 

Une addict aux jeux d'argent

L'enquête a pointé du doigt des problèmes d'addiction aux jeux d'argent, ce qui aurait créé des tensions dans le couple. Pour effacer ses dettes, Manuela Gonzalez aurait alors hypothéqué sa maison pour 165.000 euros, sans en parler à son mari, qui l'aurait appris l'année de sa mort. En novembre 2010, Manuela Gonzales était mise en examen et écrouée.

Un mois avant sa mort, Daniel Cano avait failli décéder dans un incendie dans sa chambre. Quatre autres des compagnons de la "Veuve Noire" ont subi des intoxications, deux étant même décédés, un asphyxié et un dans un incendie.

Sa fille et ses soeurs convaincues de son innocence

Dans son réquisitoire vendredi l'avocat général a martelé : "J'en appelle à votre raison et votre intime conviction, il y a des éléments lourds, précis et concordants qui me permettent de vous demander d'entrer en voie de condamnation".   Pourtant, l'accusation ne dispose pas de preuves matérielles, ni de témoignages déterminants contre cette femme de 53 ans. C'est ce que soulignent les proches de Manuela Gonzales, convaincus de son innocence. "Je veux défendre ma maman que je sais innocente" , a affirmé Virginie Martoia, 32 ans, fille unique de l'accusée née de son premier mariage.

Les deux sœurs de Manuela Gonzales ont aussi témoigné en sa faveur : "Ma sœur est innocente. Ces accusations sont infondées. J'ai eu beaucoup de peine en apprenant la mort de Daniel Cano. Je m'entendais bien avec lui et je veux savoir qui a fait ça" , a expliqué l'une d'elles à la barre.

Le verdict attendu ce vendredi soir 

Petites lunettes rouges, cheveux foncés tirés en arrière et chemisier blanc, Manuela Gonzales n'a pas cillé à la barre. Durant tout le procès, elle n'a pas cessé de clamer son innocence. A l'audience, les experts l'ont décrite comme une femme à la vie amoureuse "peu stable", ayant eu recours à la prostitution. En 1984, elle avait drogué son amant avant de lui dérober un chèque, ce qui lui avait valu une condamnation pour vol avec violence. L'homme était tombé dans un coma profond avant de se réveiller. En 1989, la mort d'un autre des ses amants avait été considérée comme un suicide par les enquêteurs. Pour le suivant, décédé en 1991, Manuela Gonzales avait bénéficié d'un non-lieu.

Celle qu'on surnomme la "Veuve noire de l''Isère" devrait être fixée sur son sort ce sort vendredi soir, à la lecture du verdict.