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Etats-Unis: Mort de Robert McNamara

L'ex-secrétaire à la Défense de J-F Kennedy puis de Lyndon Johnson était âgé de 93 ans
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Robert McNamara, arrivant à Cuba, le 10 octobre 2002 (© AFP/Adalberto Roque)
L'ex-secrétaire à la Défense de J-F Kennedy puis de Lyndon Johnson était âgé de 93 ansL'ex-secrétaire à la Défense de J-F Kennedy puis de Lyndon Johnson était âgé de 93 ans

L'homme a été l'un des défenseurs les plus farouches de l'intervention américaine dans le bourbier vietnamien avant de faire amende honorable.

"Je pense que c'est une guerre très importante et je suis satisfait d'y être associé et de faire tout ce que je peux pour la gagner", écrit-il en 1964. Il a été la tête du Pentagone de 1961 à 1968.

Né le 9 juin 1916 à Oakland en Californie (ouest), Robert Strange McNamara mène une brillante carrière dans l'industrie lorsque le président Kennedy l'appelle à servir dans son administration. Diplômé en économie, mathématiques et philosophie de l'université de Berkeley, il vient d'être nommé un mois plus tôt président du groupe automobile Ford.

Nouvellement élu, J-F lui propose le trésor. Il refuse. Mais il accepte la Défense alors que la Guerre Froide bat son plein. Energique, brillant, voire arrogant --"son cerveau est un ordinateur", disent ses collaborateurs-- , McNamara est considéré comme un des membres-clés de l'administration Kennedy.

Il doit gérer la crise des missiles à Cuba en 1962, où il conseille en premier lieu à JFK d'envahir l'île dans les 36 heures, tout en mettant en garde contre le risque d'escalade nucléaire.

Sous sa conduite, la présence américaine enfle. Lors de son départ du Pentagone, 16.000 soldats américains sont morts sur ce front. A la fin de la guerre, sept ans plus tard, le bilan sera de près de 58.000 tués côté américain et de 3 millions côté vietnamien.

"Je pense que Bob McNamara est un des grands fonctionnaires les plus brillants et patriotiques que j'aie connu, mais je n'étais pas d'accord avec lui sur le Vietnam", a indiqué à l'AFP un conseiller de Kennedy, Ted Sorensen, 81 ans.

McNamara reconnaît son erreur de jugement
"Nous nous sommes trompés, nous nous sommes horriblement trompés", confie-t-il dans des Mémoires publiées en 1995, "La tragédie et les leçons du Vietnam".

Pour Errol Morris, cinéaste et réalisateur d'un documentaire ("The Fog of War") en 2004 sur McNamara, le personnage est "historique pour avoir su revisiter le passé".

En 1967, il invite le président Lyndon Johnson à négocier une paix plutôt que de voir une escalade dans le conflit devenu très impopulaire. Le président le nomme alos à la tête de la Banque Mondiale, qu'il dirigera pendant 13 ans, jusqu'en 1981. Il s'y bâtit une réputation d'ardent défenseur des pays en voie de développement.

Sous ses mandats, le portefeuille de la Banque passe de 1 à 12 milliards de dollars de prêts, tandis que les effectifs de l'institution doublent.

Le président actuel de la BM Robert Zoellick le qualifie, dans un communiqué, de "personnage qui a marqué l'Histoire" tout en disant sa "tristesse" face à sa disparition.

Robert McNamara a épousé Margaret Craig en 1940, qui décède d'un cancer en 1981. Le couple a deux filles et un garçon. En 2004, à l'âge de 88 ans, il se remarie avec une veuve d'origine italienne, Diana Masieri Byfield.
Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages sur la défense et le développement.

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