Le gouvernement britannique a forcé le "Guardian" à détruire les dossiers fournis par Snowden

Le rédacteur en chef du journal raconte qu'il a subi des pressions au moment de la publication des informations controversées sur les pratiques des agences de renseignement américaine et britannique. 

Des personnes manifestent leur soutien à Edward Snowden, l\'ex-consultant de la NSA, le 13 juin 2013 à Hong Kong. 
Des personnes manifestent leur soutien à Edward Snowden, l'ex-consultant de la NSA, le 13 juin 2013 à Hong Kong.  (BOBBY YIP / REUTERS)

"Vous vous êtes bien amusés. Maintenant nous voulons que vous nous rendiez le machin." Voici ce que les autorités britanniques ont affirmé au Guardian concernant les dossiers secrets fournis par Edward Snowden, selon les révélations du rédacteur en chef du journal dans un article (en anglais) publié mardi 20 août.

Le journaliste Alan Rusbridger raconte avoir été contacté "par un très haut responsable du gouvernement affirmant qu'il représentait l'opinion du Premier ministre" au moment où son journal commençait à publier des révélations sur les programmes de surveillance de l'Agence nationale de la sécurité (NSA) américaine et de son homologue britannique, la GCHQ. 

Le haut responsable l'a rencontré à deux reprises et il lui a demandé "le retour ou la destruction de tout le matériel" transmis par Edward Snowden et sur lequel le journal était en train de travailler. "Il y a eu ensuite plusieurs rencontres avec des gens moins en vue de Whitehall", le quartier qui abrite les bureaux du Premier ministre, explique Alan Rusbridger. "La demande était la même : rendez le matériel Snowden ou détruisez-le." Le gouvernement britannique a même menacé de lancer une procédure judiciaire. 

Des disques durs détruits sous surveillance

"Et alors s'est produit l'un des moments les plus bizarres dans la longue histoire du Guardian, relate le journaliste, deux experts en sécurité de la GCHQ ont surveillé la destruction des disques durs dans les sous-sols du Guardian pour être bien sûrs qu'il n'y restait plus rien qui puisse constituer un quelconque intérêt à être transmis à des agents chinois."

Ces révélations sont publiées au moment où les autorités britannique sont en butte à une vague de protestations, après la rétention pendant neuf heures de David Miranda, le compagnon du journaliste du Guardian qui a travaillé avec Snowden pour révéler les programmes de surveillance. "Dans pas longtemps, il deviendra impossible pour les journalistes d'avoir des sources confidentielles", s'alarme Alan Rusbridger.