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La NSA pourrait perdre une partie de ses grandes oreilles

Faute d'un accord politique, l'Agence nationale de sécurité américaine pourrait débrancher dimanche les serveurs qui lui permettent de collecter les métadonnées des appels téléphoniques aux Etats-Unis.

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France Télévisions
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Une manifestante contre les écoutes de la NSA, à Washington, le 17 janvier 2014.  (LARRY DOWNING / REUTERS )

L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) pourrait débrancher dimanche 31 mai les serveurs qui lui permettent de collecter les métadonnées des appels téléphoniques aux Etats-Unis, faute d'un accord politique pour reconduire le programme controversé révélé par Edward Snowden et qui arrive à expiration lundi à minuit. Le Sénat a été convoqué à la dernière minute pour tenter de trouver une solution, mais l'équation politique, qui nécessite un accord avec la Chambre des représentants et la Maison-Blanche est passablement compliquée.

S'il n'y a pas d'accord dans l'après-midi sur la section 215 du Patriot Act, à 15h59 dimanche la NSA devra commencer à débrancher les serveurs collectant les métadonnées des appels passés aux Etats-Unis (horaire, durée, numéro appelé, mais pas leur contenu), pour qu'aucune donnée ne puisse être collectée après minuit. L'ex-consultant de la NSA Edward Snowden qui, en 2013, avait porté à la connaissance du grand public effaré l'ampleur de ce programme de collecte, remporterait ainsi une victoire éclatante.

Obama met la pression sur le Sénat

"Nous n'avons plus que quelques jours", a averti vendredi après-midi le président Obama depuis le Bureau ovale. "Je ne veux pas (...) que nous soyons confrontés à une situation où nous aurions pu empêcher une attaque terroriste ou arrêter quelqu'un de dangereux, mais où nous ne l'avons pas fait simplement en raison de l'inaction du Sénat", a-t-il poursuivi.

La Maison-Blanche et la Chambre des représentants sont d'accord sur une nouvelle loi permettant de continuer le stockage des métadonnées en le confiant aux opérateurs téléphoniques, et non à la NSA. Mais le Sénat refuse pour l'instant d'approuver le texte, baptisé USA Freedom Act, qui est bloqué par une coalition de républicains aux arguments totalement opposés. Certains, comme le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, estiment que le texte déshabille trop la NSA.

D'autres, comme le libertarien Rand Paul, trouvent qu'il n'en fait pas assez pour démanteler ce dispositif de "surveillance" des Américains, une position qui est aussi celle d'organisations de défense de la vie privée.

Le programme Prism n'est pas concerné

De manière tout à fait inhabituelle, le directeur national du renseignement, James Clapper, est intervenu vendredi dans le débat public, appelant le Sénat à débloquer la situation en votant le USA Freedom Act défendu par la Maison-Blanche et la Chambre. C'est le "meilleur moyen de minimiser le risque de diminution de notre capacité à protéger le peuple américain", a-t-il déclaré. Pour la Maison-Blanche, il faut continuer à pouvoir collecter les métadonnées, au moment où les menaces terroristes restent très présentes.

Des recherches dans ces données peuvent permettre à des agences comme la police fédérale FBI de montrer qu'un suspect "a été en contact" avec un membre du groupe Etat islamique "à l'étranger, en Syrie ou en Irak", a souligné cette semaine une source anonyme de l'administration. Cependant, la collecte de données téléphoniques n'est probablement pas la plus importante pièce du dispositif de la surveillance de la NSA, selon les spécialistes.

Le USA Freedom act ne concerne pas l'autre grand programme controversé de surveillance de la NSA, Prism, qui concerne les interceptions de communications de non-Américains, réalisés auprès des géants américains de l'informatique et de l'internet comme Microsoft, Yahoo, Google, ou Facebook. Mais l'approche de la Maison-Blanche et de la chambre des Représentants est néanmoins soutenue par des dizaines de ces entreprises internet et informatiques dont l'image avait souffert en raison de leur coopération supposée avec la NSA.

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