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La NSA contrainte de suspendre sa collecte des données téléphoniques

Le Sénat américain n'a pas réussi à trouver un accord pour éviter l'expiration d'une partie du Patriot Act, fondement juridique de la collecte des métadonnées de tous les appels téléphoniques américains. 

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France Télévisions
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Le sénateur Rand Paul (C) s'adresse à la presse après avoir réussi à bloquer le renouvellement de l'autorisation légale de la surveillance téléphonique de la NSA, le 31 mai 2015 à Washington (Etats-Unis). (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Les oreilles de la NSA sont – temporairement – un peu moins grandes. L'agence de renseignement américaine a été contrainte, dimanche 31 mai, de suspendre sa collecte des données des appels téléphoniques américains, révélée au grand public par Edward Snowden, faute d'avoir obtenu le renouvellement de l'autorisation légale de ce programme.

Le Sénat américain n'a en fait pas réussi à trouver un accord pour éviter l'expiration de la section 215 du Patriot Act, fondement juridique de la collecte des métadonnées (horaire, durée, numéro appelé) de tous les appels téléphoniques américains. Rand Paul, sénateur républicain et libertarien, a réussi à bloquer à lui tout seul l'examen du texte, en profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

Une décision "irresponsable" pour la Maison Blanche

 

Une démarche qui lui a valu les foudres de ses collègues. "A partir de ce soir, les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul", a déclaré, furieux, son homologue républicain Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat. La Maison Blanche a de son côté qualifié d'"irresponsable" cette démarche, demandant au Sénat de faire en sorte que l'autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible.

Cela ne devrait pas trop traîner, puisque le Sénat va continuer cette semaine à examiner le texte bloqué. Rand Paul ne pourra pas retarder trop longtemps la procédure et un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates, ont manifesté leur soutien au texte. Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l'autorité légale de la collecte.

L'épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edouard Snowden, l'ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l'ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd'hui en exil en Russie. "Nous ne serions pas là aujourd'hui sans les révélations de Snowden", a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul.

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