Espagne : un mandat d'arrêt lancé contre une indépendantiste catalane exilée en Suisse

Ex-porte-parole parlementaire du parti d'extrême-gauche indépendantiste CUP, Anna Gabriel dénonce une "persécution politique". Actuellement en Suisse, elle risque d'être arrêtée si elle rentre en Espagne. 

Anna Gabriel, ex-porte-parole parlementaire du parti d\'extrême-gauche indépendantiste CUP, lors d\'une conférence à Barcelone (Espagne), le 8 octobre 2015.
Anna Gabriel, ex-porte-parole parlementaire du parti d'extrême-gauche indépendantiste CUP, lors d'une conférence à Barcelone (Espagne), le 8 octobre 2015. (LLUIS GENE / AFP)

La justice espagnole a lancé un mandat d'arrêt applicable uniquement en Espagne contre l'indépendantiste catalane Anna Gabriel, mercredi 21 février. Elle s'était exilée en Suisse pour échapper à une éventuelle incarcération en lien avec la tentative de sécession de la Catalogne. Dans sa décision, le juge de la Cour suprême "ordonne l'arrestation" d'Anna Gabriel, qui ne s'est pas présentée à une convocation devant le magistrat.

Ce mandat d'arrêt ne s'appliquera que dans un cadre "national", a toutefois précisé un porte-parole du tribunal. Le parquet, lui, avait requis un mandat d'arrêt assorti d'une demande d'extradition auprès des autorités suisses. "La Suisse n'accorde pas – comme la plupart des autres Etats – l'extradition et toute autre forme d'entraide judiciaire pour des délits politiques", avait expliqué un peu plus tôt un porte-parole de l'Office fédéral suisse de la Justice, Folco Galli.

"C'est une persécution politique"

Anna Gabriel est l'ex-porte-parole parlementaire du parti d'extrême-gauche indépendantiste CUP (Candidature d'unité populaire). Mardi, dans les médias suisses, dont la RTS, Anna Gabriel avait expliqué qu'elle jugeait excessives les enquêtes policières, judiciaires et les inculpations visant des centaines de personnes pour leur rôle dans la tentative de sécession en Catalogne. "C'est une persécution politique (...) ce n'est pas un tribunal impartial."

Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, et quatre anciens membres du gouvernement régional sont partis en Belgique, peu de temps après une tentative avortée de sécession d'avec l'Espagne. Ils échappent depuis à la justice espagnole qui les a inculpés pour rébellion et sédition, et risquent, comme Anna Gabriel, d'être arrêtés s'ils rentrent en Espagne.