Espagne : nouvelles manifestations contre l'incarcération du rappeur Pablo Hasel

Pablo Hasel est devenu un symbole de la liberté d'expression en Espagne, après sa condamnation à neuf mois de prison pour des tweets dans lesquels il insultait les forces de l'ordre espagnoles et s'en prenait à la monarchie.

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Des manifestants contre l'incarcération du rappeur Pablo Hasel à Barcelone, en Espagne, le 20 février 2021. (JORDY BOIXAREU / SPUTNIK)

Des affrontements ont opposé, samedi 20 février, la police et des milliers de manifestants dans plusieurs villes d'Espagne qui protestaient contre l'incarcération du rappeur catalan Pablo Hasel. Les manifestations ont commencé mardi, après l'arrestation et l'emprisonnement de l'artiste de 32 ans, condamné à neuf mois de prison pour des tweets dans lesquels il insultait la monarchie et la police, ainsi que pour apologie du terrorisme.

La police s'était déployée en masse dans les rues de Barcelone, ainsi qu'à Madrid, pour tenter de prévenir des violences. Les protestataires ont lancé des bouteilles, des canettes et des pétards en direction des policiers qui ripostaient par des charges. La police régionale a indiqué que neuf personnes avaient été arrêtées dans les manifestations en Catalogne, dont six à Barcelone. Des rassemblements de quelques centaines de personnes ont eu lieu également en début de soirée à Malaga, Cordoue et Séville en Andalousie, selon les médias locaux.

Un rappeur révolutionnaire et marxiste

Le dernier délai pour l'incarcération de Pablo Hasel avait expiré vendredi dernier. "Les manifestations sont nécessaires mais pas suffisantes, soutenons ceux qui sont allés plus loin", avait par exemple publié le rappeur, qui se disait aussi "fier de ceux qui répondent aux agressions de la police", dans les tweets retenus par la justice.

Sur son compte alors suivi par 54 000 internautes, le rappeur rendait hommage à des activistes de plusieurs anciens groupes armés espagnols dont il dénonçait la condamnation ou la mort dans des affrontements avec la police. Révolutionnaire et marxiste assumé, Pablo Hasel multipliait les mentions à des membres des Groupes de résistance antifasciste du 1er octobre (Grapo), accusés d'un millier d'actions violentes entre 1975 et 2003 en Espagne, dont 80 assassinats et tentatives de meurtre.

Division au sein du gouvernement

La condamnation de Hasél avait provoqué un tollé en Espagne, où quelque 200 artistes, dont le réalisateur Pedro Almodovar et l'acteur Javier Bardem, ont pris position en sa faveur. Amnesty International a également jugé la peine "injuste et disproportionnée".

Les violences ont également suscité une querelle politique, exacerbée par les divisions au sein de la coalition gouvernementale qui regroupe les socialistes du Premier ministre Pedro Sanchez et le parti de gauche radical Podemos. Pedro Sanchez a condamné les violences tandis que les dirigeants de Podemos ont apporté leur soutien aux manifestants.

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