Espagne: les sondages prédisent le statu quo à l'issue des élections

Retour aux urnes pour les Espagnols. Les élections législatives du 20 décembre 2015 ont accouché d'une situation de blocage. Le pays découvrait le multipartisme, mais aucun des quatre blocs n'était en mesure de gouverner. Les sondages n'apportent rien de nouveau pour le 26 juin. Les conservateurs gardent la tête et ne peuvent toujours pas gouverner.


Le journal espagnol El Pais l’indique en titre. La prochaine élection, prédisent les sondages, va confirmer une nouvelle carte politique. Le bipartisme est bien mort et ne survit que dans cinq provinces.
Toute l’Espagne ou presque a basculé, donnant du crédit aux deux nouveaux, Podemos et, dans une moindre mesure, Ciudadanos.
 
Deux estimations symbolisent cette ascension fulgurante de Podemos. En Catalogne, associé à En Comù Podem, le mouvement conduit par Pablo Iglesias se place en tête, sonnant «la fin de l’hégémonie du nationalisme ou de l’indépendantisme», comme l’écrit El Pais.
 
En Andalousie, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) reste en tête, mais son bastion du Sud est sérieusement menacé par Podemos. Toujours troisième comme en 2015, mais faisant un bon de 10 à 15 élus.


Unidos Podemos
C’est le joli coup de ces nouvelles élections. Podemos s’est rapproché d’Izquierda Unida (IU), rassemblement des miettes de l’extrême gauche autour des communistes, et pour l’occasion est devenu Unidos Podemos. Certes, l’apport de IU est faible. En décembre 2015, il a même réalisé le pire score de son histoire en n'enlevant que deux circonscriptions. Mais, avec 3,7% des voix, c’est un allié qui permet à Unidos Podemos de devancer le PSOE.

Pablo Iglesias ne trouve donc plus rien à redire sur ce parti dont il est issu. Il y a peu pourtant, il le qualifiait de «schtroumpf grognon» de la gauche. Mais la stratégie est payante. Le PSOE est désormais derrière selon les sondages, crédité de 82 députés contre 93 à Podemos.

Statu quo
Reste à savoir ce que Podemos peut gagner de cette seconde place. Car aucun des quatre blocs ne dispose d’une majorité absolue et, une nouvelle fois, il faudra trouver une alliance. Ce qui n’était pas possible hier, entre Podemos et le PSOE, va-t-il le devenir par magie ?
 
Une coalition est en vue, mais personne ne peut dire comment elle sera formée. Les socialistes, dont on prédit une cuisante défaite, rejetteront-ils une grande coalition avec les conservateurs?
 
Une nouvelle fois, il va falloir palabrer. Une certaine image du multipartisme !