Crise politique en Espagne après la condamnation du parti au pouvoir dans un scandale de corruption

Le Parti populaire de Mariano Rajoy a bénéficié d'un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics dans plusieurs municipalités.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le 15 mai 2018 à Sofia (Bulgarie).
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le 15 mai 2018 à Sofia (Bulgarie). (HRISTO RUSEV / NURPHOTO / AFP)

Le Parti socialiste espagnol (PSOE), première formation d'opposition, a déposé vendredi 25 mai une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy, après la condamnation de son parti conservateur dans un spectaculaire procès pour corruption.

Pour aboutir, cette motion devrait recueillir une majorité absolue de 176 députés derrière le candidat que présentera le parti pour former un nouveau gouvernement, une majorité toutefois difficile à réunir dans une opposition divisée.

Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, a réuni dans la matinée le comité exécutif fédéral du parti pour discuter de cette motion de censure après que la justice eut conclu à un financement illicite du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy dans un arrêt rendu public jeudi.

Une "sentence dévastatrice"

Selon l'arrêt de l'Audience nationale, le PP a bénéficié d'un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics dans plusieurs municipalités. Ce tribunal, compétent notamment pour les affaires de corruption, a également conclu à l'existence d'une "caisse noire", pourtant niée par les dirigeants du PP.

"Sentence dévastatrice", titrait vendredi le journal catalan El Periodico, tandis qu'El Pais, premier tirage du pays, écrivait dans un éditorial que "ce coup de massue, sans précédent dans l'Espagne démocratique, porte atteinte à la crédibilité du parti qui a gouverné le pays de 1996 à 2004 et depuis 2011".

Pour renverser Mariano Rajoy, le PSOE a déjà reçu le soutien du parti de gauche radicale Podemos, mais pour parvenir à une majorité, il lui faudrait avoir l'appui improbable des libéraux de Ciudadanos, ou celui des petits partis nationalistes, dont les séparatistes catalans qui défient ouvertement le gouvernement de Madrid et contre lesquels Pedro Sanchez s'est allié avec Mariano Rajoy.