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Témoignages "C'est une aberration écologique" : quand des Français préfèrent ne pas avoir d'enfant pour protéger la planète

L'humanité franchit mardi 15 novembre le cap des huit milliards d'habitants sur Terre. La démographie continue d'augmenter et la situation inquiète certains Français. Le contexte climatique les pousse à choisir de ne pas avoir d'enfants.

Article rédigé par France Info - Willy Moreau
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un couple marche sur le ppont de Bir-Hakeim, à Paris, en février 2019. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Huit milliards d'humains, mardi 15 novembre, et nous serons bientôt 9,7 milliards d'ici 2050, selon les projections de l'ONU. Alors que la Terre a compté moins d'un milliard d'habitants jusque dans les années 1800, elle n'a mis que douze ans pour passer de 7 à 8 milliards. Signe de son ralentissement démographique, il lui faudra environ quinze ans pour atteindre les 9 milliards en 2037. L'ONU projette un "pic" à 10,4 milliards dans les années 2080 et une stagnation jusqu'à la fin du siècle. Mais qu'à cela ne tienne : au vu de la situation climatique, la question de faire des enfants se pose de plus en plus chez les jeunes Français.

>> Mariages, naissances, espérance de vie... Comment la démographie française a redémarré en 2021

Les parents de Titouan l'ont eu à 24 ans, soit l'âge qu'il a aujourd'hui. Vient donc pour lui le moment de décider s'il veut devenir père. Mais la réponse de cet Isérois est déjà toute trouvée : "Je pense que c'est une aberration écologique de faire un enfant. Aujourd'hui, on est trop et faire des enfants, c'est en rajouter du trop par dessus le trop." Titouan a des convictions écologistes, il vit son choix comme un sacrifice nécessaire. "En vérité, c'est dur de dire que je ne vais pas faire d'enfants alors qu'en vrai j'en ai un peu envie", avoue-t-il. 

"J'ai cette envie un peu égocentrique d'avoir mon 'mini-moi', de voir quelqu'un naître. C'est mystique de créer quelqu'un. Mais je vais m'interdire cette expérience parce que je pense que c'est la meilleure chose à faire."

Titouan, 24 ans

à franceinfo

Clémentine a 26 ans et vit à paris. Comme Titouan, elle n'aura pas d'enfant. Si elle n'en avait pas forcément envie, le changement climatique a fini de la convaincre : "Même en vivant sobrement, les ressources ne sont pas infinies", estime-t-elle. "Et plus il y a de monde, plus c'est de monde à loger, à nourrir, à chauffer."

"Je ne supporterai pas de créer potentiellement un futur petit super consommateur et un futur petit super pollueur."

Clémentine, 26 ans

à franceinfo

Revenir à 4 milliards d'humains sur Terre

L'impact de l'augmentation de la démographie sur le changement climatique
ne fait pas consensus dans la communauté scientifique. Mais il ne fait aucun doute, pour Denis Granier, président de l'association Démographie Reponsable, qui milite pour une autolimitation de la natalité. "Il faudrait faire en sorte que la population se stabilise plus vite que ce qui est prévu", explique Denis Garnier. La stabilisation est quand même prévue en 2080... Nous aimerions aussi que la population entame une décroissance pour revenir à un nombre soutenable pour l'environnement. Pour nous, ce nombre se situe à la moitié de ce qu'on est aujourd'hui." Autrement dit : revenir à quatre milliards d'humains sur Terre.

Pour ce faire, Denis Garnier attend des mesures politiques plus incitatives, à commencer par "le plafonnement des allocations familiales à deux enfants. Qu'on ait un ou deux enfants, nous trouvons ça très bien. C'est au delà que ça pose des problèmes." En France et quasiment partout dans le monde, le taux de fécondité, c'est-à-dire le nombre de naissances par femme, a tendance à baisser depuis les années 1960, mais pas suffisamment, selon ces décroissants. 

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