Royal lance la mobilisation contre les perturbateurs endocriniens

La ministre de l'environnement a présenté mardi des mesures pour lutter contre les perturbateurs endocriniens qu'elle souhaiterait être rapidement mises en oeuvre. Parmi elles, la suppression du bisphénol A dans les tickets de caisse et contrôles renforcés sur les phtalates dans les jouets. Des propositions qui vont dans le sens de ce que les associations réclament.

(Maxppp)
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Haro sur les perturbateurs endocriniens. La
ministre de l'Environnement a fait mardi une série de propositions pour réduire l'exposition des Français
à ces substances chimiques capables de modifier le fonctionnement hormonal et d'avoir des impacts sur la santé. Il s'agit aussi de mieux informer le
public et de rechercher des substituts dans l'industrie.

Des mesures annoncées devant le Conseil national de la transition énergétique (CNTE), une instance réunissant experts, associations, syndicats, entreprises et élus. 

La ministre a notamment ciblé le bisphénol A, une molécule potentiellement dangereuse pour les femmes enceintes et les enfants notamment et déjà interdite dans certains produits comme les biberons. Elle a demandé aux entreprises de distribution et aux banques d'éliminer cette substance dans les tickets de caisse et reçus de carte bancaire, "sans attendre des normes ou des lois ".

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Outre l'initiative sur le bisphénol A, elle a aussi annoncé un ciblage des contrôles sur les phtalates, substance utilisée comme plastifiant et présente dans les jouets, qui ont des effets nocifs sur la fertilité et le développement du jeune enfant. 

Chaque année de nouvelles molécules sur le marché

Un effort doit aussi être réalisé
afin de favoriser la recherche pour mieux définir ces nouvelles substances. Chaque
année, des centaines de nouvelles molécules sont mises sur le marché et c'est
seulement plus tard que l'on découvre leurs effets.

Le gouvernement propose donc
d'analyser chaque année plusieurs de ces substances suspectées d'être des
perturbateurs endocriniens. Cinq substances vont être expertisées par l'Anses et sont toutes soupçonnées d'avoir des effets néfastes sur la santé. Deux - methyl-parabène et BHA - sont des conservateurs présents dans l'alimentation ou les cosmétiques, et les trois autres - composé de l'acide orthoborique, DINCH et DEHTP - sont employés dans la fabrication notamment de plastiques et peuvent être trouvés dans les jouets ou produits de puériculture.

La Suède porte plainte

Ségolène Royal s'est aussi engagée à porter le sujet au niveau européen. C'est là que la
réglementation sur le sujet se fait. Alors que plusieurs rapports poussent
à interdire les perturbateurs endocriniens, les députés européens ont
voté une interdiction en 2009 mais la Commission européenne n'a toujours pas pris
position.

La Suède a même décidé de porter plainte contre la Commission en
estimant qu'elle prenait trop retard sur cet enjeu de santé publique.

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