Près de 750 espèces de la flore menacées en France, soit 15% des plantes du territoire

Près de 750 espèces de la flore sauvage de métropole risquent de disparaître selon une étude publiée jeudi. 

Une route au milieu de champs, illustration. 
Une route au milieu de champs, illustration.  (G?RARD HOUIN / MAXPPP)
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Selon les résultats d'une étude publiés jeudi 24 janvier, 742 espèces de la flore de France métropolitaine sont menacées ou quasi menacées de disparition, soit 15% des espèces recensées. Cette liste constitue un nouveau chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France, qui recense les espèces végétales et animales menacées de disparition dans l'hexagone.

Plus de trois ans de recherche

L'enquête, menée par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), la Fédération et le réseau des Conservatoires botaniques nationaux, l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), a conclu que 15% des 4 982 espèces de plantes indigènes recensées en France (plantes à fleurs, fougères et conifères) encourent un risque de disparition.

Cette enquête a nécessité plus de trois ans de recherche et le traitement de près de 30 millions de données, rassemblées par les conservatoires botaniques et une quarantaine de botanistes. "Toutefois, le manque de connaissances et de données fiables n’a pas permis d’évaluer le niveau de menace de 373 espèces (7% du total). Parmi elles, certaines pourraient venir augmenter le nombre des espèces menacées", ajoute la synthèse du rapport.

L'activité humaine comme principale menace

Selon cette étude, les menaces pesant sur la flore viennent essentiellement de l'activité humaine, via la modification des habitats naturels, l’urbanisation croissante et l’artificialisation des terres, et l’intensification ou l’abandon de certaines pratiques agricoles. L'étude cite, comme autres facteurs de ces menaces, la disparition des zones humides, drainées et asséchées pour l’agriculture ou la construction de nouvelles zones urbaines, l’artificialisation des berges, l’abandon progressif du pastoralisme ou l’usage excessif d’herbicides non spécifiques.
 
"Le monde végétal est au cœur du fonctionnement des écosystèmes et des services qu’ils nous rendent. C’est de lui que nous tirons de quoi nous nourrir, nous vêtir, nous abriter et nous soigner. À moyen ou long terme, l'érosion croissante de la diversité floristique affecte donc nécessairement notre économie, notre alimentation, notre santé et plus largement notre bien-être", souligne le rapport qui salue le fait que "de nombreuses actions d’amélioration des connaissances et de conservation sont mises en œuvre en France en faveur des espèces et des habitats les plus menacés", tels que la protection de sites naturels, le développement de banques de semences et la mise en culture de plants contribuent à la conservation des espèces les plus menacées.

Ces actions devront s’accompagner d’une prise de conscience de chacun, estiment les scientifiques qui appellent à "une évolution profonde des pratiques de notre société". Au cours du prochain semestre, les Conservatoires botaniques organiseront plusieurs actions de communication et de sensibilisation auprès d’un large public en diffusant des vidéos et des chiffres clés sur les réseaux sociaux, puis grâce à une exposition itinérante, ou encore par des visites de terrain.