Pesticides dans l'air : 75% de ces substances sont "perturbatrices endocriniennes, cancérogènes ou toxiques pour la reproduction", selon Générations Futures

L'association Gébérations Futures publie un rapport dans lequel elle affirme que 75% des pesticides présents dans l'air sont "perturbatrices endocriniennes, cancérogènes ou toxiques pour la reproduction". L'association appelle le gouvernement à adopter une position forte sur les perturbateurs endocriniens.

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Radio France
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Du pesticide répandu par pulvérisation. Photo d'illustration. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

"Les substances qui sont présentes dans l'air sont pour les trois quarts d'entre elles perturbatrices endocriniennes, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction", affirme François Veillerette, directeur de Générations Futures, sur franceinfo. L'association publie un rapport sur les pesticides retrouvés dans l'air, dont certains sont interdits depuis 20 ans. Générations Futures appelle "les politiques" à "interdire la mise sur le marché de tous les produits qui sont des perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés".

Comment peut-on expliquer que des pesticides restent dans l'eau et dans l'air pendant des décennies ?

François Veillerette : Il y a certaines molécules de pesticides qui sont plus persistantes que d'autres. C'est le cas du Lindane, qui est un produit dans la chimie du chlore, donc très persistant. Bien qu'étant été interdit en 1998, 20 après, Atmo France le retrouvait encore. Ce n'est pas le cas de tous les pesticides, ils ne sont pas tous aussi persistants. Mais on s'aperçoit que les usages importants de certains molécules font qu'on les retrouve des années après. On a près d'un tiers de substances retrouvées en 2017 qui ne sont plus autorisées aujourd'hui.

Quels sont les risques pour la population ?

Sur la pollution aux pesticides par l'air, on est à la préhistoire de la science. Parce qu'on n'a même pas une idée exacte du niveau d'exposition de la population. Il n'y a pas encore d'étude nationale harmonisée qui nous donne un niveau d'exposition moyen. Il y en a une en cours, les résultats ne sont pas encore publiés. Les études d'Atmo sont issues d'études prises régionalement qui ne sont pas harmonisées. Il faut qu'on fasse un suivi des pesticides dans l'air d'année en année. Nous, l'étude qu'on a faite est qualitative, elle montre que les substances qui sont présentes dans l'air sont pour les trois quart d'entre elles perturbatrices endocriniennes, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Les perturbateurs endocriniens, ce n'est pas tant une question de dose pour qu'il y ait des effets délétères. Cela dépend des organismes. Sur les jeunes enfants, sur les fœtus dans le ventre de sa mère, même des doses très faibles peuvent entrainer un certain nombre de problème de santé qui vont se déclarer plus tard dans la vie.

Comment faire attention à ce qu'on respire ?

Il y a un moyen simple d'y arriver, c'est d'interdire la mise sur le marché de tous les produits qui sont des perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés. Ça c'est le travail des politiques. Au niveau européen, on a eu un premier pas il y a quelques années qui consistait à dire : "On va retirer un certain nombre de perturbateurs endocriniens". Aujourd'hui il y en a eu très peu de retirés suite à cette législation, donc il faut amplifier le travail. C'est le sens de ce rapport : appeler le gouvernement à avoir une position forte sur les perturbateurs endocriniens. Il y a quelques années la France était en pointe, il faut qu'elle le reste. Chaque année perdue va s'ajouter à des années de persistance dans l'environnement. On sait qu'il y a des tentations, sous la pression des industriels nord-américains, de détricoter la législation française dans le cadre d'accords sur le commerce international. Au contraire, il faut la renforcer pour retirer toutes les substances qui méritent de l'être.

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