Glyphosate : une agence européenne a copié-collé un rapport de Monsanto

Selon "La Stampa" et le "Guardian", le rapport de l'Agence européenne de sécurité des aliments est la copie d'un document déposé en 2012 par la firme Monsanto. 

Des activistes protestent contre la firme Monsanto à l\'extérieur de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 19 juillet 2017.
Des activistes protestent contre la firme Monsanto à l'extérieur de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 19 juillet 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / AFP)

C'est une affaire très délicate pour une instance européenne. Une centaine de pages du rapport de l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur le glyphosate, un herbicide controversé, semblent être une copie de la demande de ré-autorisation déposée par le groupe américain Monsanto, rapportent vendredi 15 septembre La Stampa (en italien) et The Guardian (en anglais).

La licence européenne du glyphosate, qui entre notamment dans la composition du Roundup, le produit phare de Monsanto, expire à la fin 2017 et le débat sur son renouvellement fait rage au sein de l'UE.

"100 pages sur environ 4 300"

En juillet, la Commission s'est dite favorable à ce renouvellement, en s'appuyant en particulier sur un rapport de l'Efsa de 2015 concluant qu'il n'y a pas de raison de classer le glyphosate comme cancérogène.

Or, selon les deux quotidiens italien et britannique, une partie cruciale de ce rapport est un copier/coller d'un document déposé en 2012 par Monsanto au nom de la "Glyphosate Task Force", un consortium de plus d'une vingtaine d'entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate en Europe. Les deux documents sont disponibles sur internet, précisent les quotidiens.

"Les sections du rapport de l'Efsa qui réexaminent les études publiées sur l'impact potentiel du glyphosate sur la santé humaine sont copiées, quasiment mot pour mot, sur le dossier présenté par Monsanto", écrit La Stampa"Ce sont 100 pages sur environ 4 300 dans le rapport final, mais il s'agit des sections les plus controversées et au centre de l'âpre débat de ces derniers mois", conclut le quotidien italien.