Sainte-Soline : la Ligue des droits de l'homme dénonce une "volonté délibérée de ne pas porter secours au plus vite"

La manifestation contre les méga-bassines de Sainte-Soline, fin mars, s'était soldée par de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Trois militants de la Ligue des droits de l'homme (LDH) observent la manifestation et les actions violentes entre les militants anti-bassin et la police à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 25 mars 2023. (FREDERIC PETRY / HANS LUCAS / AFP)

Dans un rapport publié lundi 10 juillet, des observateurs de la Ligue des droits de l'homme pointent la "volonté délibérée de ne pas porter secours au plus vite" de la part des pouvoirs publics lors de la manifestation du 25 mars à Sainte-Soline contre les méga-bassines. Selon eux, la responsabilité de l'Etat est donc "engagée".

"La volonté politique était claire : la manifestation de Sainte-Soline ne devait pas avoir lieu, et toute personne qui bravait l'autorisation préfectorale s'exposait à des risques pour son intégrité tant physique que morale", soulignent la Ligue des droits de l'homme mais aussi le Syndicat des avocats de France et la Fondation Copernic.

Le compte-rendu de 150 pages s'appuie sur le travail de terrain des observateurs présents lors de la mobilisation, qui avait donné lieu à de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. "La priorité donnée à des enjeux de maintien de l'ordre sur toute autre considération a révélé son absurdité lors des entraves aux secours", étrillent les auteurs dans leurs conclusions.

Un usage "disproportionné" de la force

La manifestation avait rassemblé de 6 000 à 8 000 personnes selon les autorités, 30 000 d'après les organisateurs. Ces derniers ont fait état de 200 blessés, dont 40 graves, côté manifestants. D'après les chiffres officiels, 5 015 grenades lacrymogènes ont été tirées, soit environ une par seconde. Dans deux rapports, préfecture et gendarmerie ont défendu une riposte ciblée et proportionnée face à 800 à 1 000 manifestants "radicaux".

Les observateurs dénoncent au contraire les "nombreuses blessures causées par l'usage disproportionné et à plusieurs reprises non nécessaire des armes" par les forces de l'ordre. Parmi eux, deux manifestants grièvement blessés, Serge D. et Mickaël B., lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, ont passé plusieurs semaines dans le coma. 

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