Loi climat : la vente en vrac a "de multiples impacts bénéfiques" environnementaux et économiques, selon l’association Réseau Vrac

L'Assemblée nationale a voté, vendredi, en faveur du développement de la vente en vrac dans le cadre du projet de loi "climat et résilience".

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Radio France
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Un rayon de produits en vrac dans un supermarché. Photo d'illustration. (CLAUDE PRIGENT / MAXPPP)

La vente en vrac a "de multiples impacts bénéfiques" environnementaux et économiques, a souligné samedi 3 avril sur franceinfo Célia Rennesson, directrice générale de l’association Réseau Vrac, l'association des professionnels de la filière vrac qui fédère plus de 1 800 professionnels, alors que l'Assemblée nationale a voté vendredi, dans le cadre de l'examen du projet de loi Climat et résilience, un amendement en faveur du développement de la vente en vrac. Le texte fixe, pour les commerces de plus de 400 m², un objectif de 20% de la surface de vente consacrée d'ici à 2030 à la vente en vrac, afin de réduire les emballages.

franceinfo : Quand vous avez créé votre épicerie vrac il y a dix ans, quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées ?

Célia Rennesson : Les principales difficultés étaient de comprendre le cadre législatif et notamment les bonnes pratiques d'hygiène qui pouvaient s'appliquer à ce mode de distribution. Il fallait aussi pouvoir trouver des fabricants, des fournisseurs et un soutien financier pour développer l'activité. On compte 700 épiceries vrac en France maintenant. Avant la création de Réseau vrac, qui date de cinq ans maintenant, on en comptait à peine une vingtaine. On a eu un fort développement sur ce segment. On peut avoir du vrac sur le vin et même les alcools forts. On peut trouver aussi des parfums, comme Thierry Mugler qui fait ça depuis les années 1990.

Quelles sont les règles pour la vente en vrac ?

C'est la vente de produits présentés sans emballage primaire au consommateur, en quantités choisies, dans un contenant réutilisable ou réemployable. La vente en vrac peut être proposée en libre-service, c'est le cas du rayon fruits et légumes, des pâtes, du riz, des fruits secs, des bonbons, des farines, des céréales, que vous pouvez trouver dans des rayons spécialisés qui ont des équipements de vente.

Avec cet article de loi qui vient d'être adopté en première lecture avec les différents amendements, on va pouvoir aménager cette définition en incluant le service assisté, les services à la coupe comme le fromage, la charcuterie, la poissonnerie. Les magasins de plus de 400 m² ont l'obligation de présenter à la vente, en bons ou sous forme de consigne, des contenants réutilisables au réemployables. Mais pour pouvoir avoir l'appellation vrac, il va falloir que l'ensemble de ces rayons, à la coupe ou en libre-service, proposent aux consommateurs un contenant non-jetable.

En quoi le vrac est bon pour la planète ?

Il a de multiples impacts bénéfiques. Cela peut être d'un effet tout à fait personnel d'avoir une cuisine très jolie avec des bocaux où, d'un coup d'œil, vous pouvez voir les produits et la quantité qu'il vous reste. D'un point de vue environnemental, cela va permettre de réduire le gaspillage alimentaire. La quantité n'est pas imposée. Donc si vous avez besoin d'acheter deux grammes d'épices, vous allez pouvoir acheter deux grammes d'épices. Aujourd'hui, il y a un certain nombre de produits qui restent dans le placard et qui sont gaspillés.

"Ce n'est plus soutenable d'avoir du gaspillage alimentaire. On jette en moyenne sept à huit kilos par an de nourriture totalement emballée."

Célia Rennesson

à franceinfo

Le deuxième impact écologique est au niveau de la réduction des déchets d'emballages jetables. On jette en moyenne 49 kilos d'emballages ménagers. Demain, si l'ensemble des Français fait ses courses en vrac, par exemple sur les shampoings, on va pouvoir diminuer au moins par deux les déchets d'emballages jetables côté shampoings, mais on va aussi diminuer le CO2 par deux et la consommation d'eau par trois. Et cela a aussi un impact positif au niveau économique.

En achetant uniquement la quantité dont vous avez besoin, vous n'allez pas dépenser plus. Avec la crise sanitaire, quand on a 10 millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, pouvoir ajuster son budget à ses besoins est quelque chose qui va être de plus en plus recherché. C'est d'ailleurs la première raison d'achat des citoyens français pour le vrac devant la réduction des déchets d'emballages. Aujourd'hui, on a 37% des Français qui consomment en vrac et 62% des Français veulent davantage de produits en vrac. C'est une évidence et ça ne fait que croître.

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