La densité de poissons en baie de Somme a baissé de 80% en 30 ans

Selon une étude de l'Ifremer, la densité des poissons dans la baie de Somme est passée de 200 000 à 40 000 individus par mètre carré.

Un bateau de pêche près de Saint-Valéry-sur-Somme (Somme), le 29 septembre 2017.
Un bateau de pêche près de Saint-Valéry-sur-Somme (Somme), le 29 septembre 2017. (STEPHANE BOUILLAND / BIOSPHOTO / AFP)
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La densité de poissons, toutes espèces confondues, a diminué de 80% en 30 ans dans la baie de Somme, selon une étude de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Ce phénomène serait dû à la hausse des températures des océans"Cette diminution substantielle touche principalement les espèces à croissance rapide et ainsi précocement matures pour la reproduction, comme la limande, la plie, le sprat ou le hareng", pointe le rapport, qui précise que la densité des poissons est passée de 200 000 à 40 000 individus par mètre carré.

Ces espèces sont particulièrement sensibles aux variations de l'environnement, davantage que les espèces à croissance lente comme le bar, par exemple, selon l'Ifremer, qui publie son étude dans la revue Global Change Biology. "La température de l'eau en Manche Est-mer du Nord a connu une augmentation rapide sur la période étudiée, entre 0,3 et 0,4°C par décennie, avec une accélération entre 1998 et 2003 (plus de 1°C entre ces cinq années), soit une hausse quatre fois supérieure au réchauffement moyen de l'ensemble des océans", affirme l'Institut.

"D'ici 2100, la hausse des températures en Manche Est-mer du Nord pourrait atteindre 2,5 à 3°C par rapport à la période actuelle, ce qui risque d'amplifier les effets néfastes déjà observés en baie de Somme", prévient l'étude. L'Ifremer s'appuie sur des données recueillies entre 1987 et 2012 avec des engins de pêche standardisés, utilisés chaque année à la même période.