Info franceinfo Obsolescence des téléviseurs : l'association HOP pointe la difficulté de les réparer

L'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP) dénonce dans un rapport les "failles de la durabilité" des téléviseurs et le gaspillage "délétère" pour le consommateur et l'environnement.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Atelier d'un réparateur de télévisions à Paris.  (SOPHIE AUVIGNE / FRANCE-INFO)

Dans un rapport sur l'obsolescence des téléviseurs publié jeudi 10 juin que révèle franceinfo, l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP) pointe la fragilité des postes de télévision et la difficulté à les réparer. Elle dénonce le gaspillage que cela entraîne et alerte sur l'impact négatif pour la planète.

Dans son rapport, HOP rappelle que la durée moyenne d'usage d'un téléviseur LCD est de sept ans et demi, comme l'indique le baromètre 2019 Fnac-Darty. Selon l'association, les clients aimeraient plutôt que leur téléviseur dure au moins trois ans de plus (11 ans sans panne).

Seulement 29% des pannes réparées entre 2017 et 2019

Selon cette enquête, plusieurs raisons poussent les consommateurs à changer de téléviseur. Pour 29% des personnes interrogées, c'est parce qu'il fonctionnait mal ou plus du tout qu'elles se sont tournées vers un nouvel achat. 13% des usagers ont dû se résoudre à s'en séparer à cause d'un changement de norme, notamment lors du passage à la TNT ou à la HD.

Pour ce rapport, HOP a interrogé huit réparateurs. Ils indiquent que les téléviseurs qu'ils réparent ont en moyenne entre cinq et six ans. Au-delà, le consommateur préfère renouveler son appareil plutôt que de le réparer. Si ce n'est pas "un indicateur de la durée de vie", cela révèle "que des dysfonctionnements peuvent arriver relativement tôt", note l'association. Selon l’Ademe (l'agence de la transition écologique), seuls 29% des téléviseurs tombés en panne entre 2017 et 2019 ont été réparés.

Plusieurs freins à la réparation

Les réparateurs interrogés par l'association pointent les freins à la réparation : la difficulté d'accès aux pièces détachées, l'indisponibilité des pièces détachées, les difficultés de démontage, l'indisponibilité des schémas et notices de réparation.

Plusieurs fragilités sont pointées du doigt par l'association, notamment les diodes LED, qui servent à générer la lumière. Elles sont souvent sous-dimensionnées. "En voulant produire à moindre coût, la tolérance des diodes choisies par les fabricants en pâtit." Elles peuvent donc s'user plus rapidement. Leur assemblage en bandeau, souvent collés à la dalle de l'écran, rend la réparation plus problématique et coûteuse, pouvant aller "de la moitié du prix d'un téléviseur neuf au double". De plus, les téléviseurs étant de plus en plus connectés et conçus comme des ordinateurs, leurs logiciels deviennent également des sources supplémentaires de pannes. Ces "failles de la durabilité" des téléviseurs "sont autant de facteurs pouvant être mis en cause dans l’incitation des consommateurs au rachat précipité d’un nouveau téléviseur, délétère autant pour le porte-monnaie que pour l’environnement".

Obsolescence technique et obsolescence esthétique

Mais le sondage de HOP met également en lumière l'envie des consommateurs à acquérir un écran de meilleure qualité, avec une meilleure image et leur apportant une décoration renouvelée. C'est ce que l'on appelle l'obsolescence esthétique. 32% des personnes interrogées ont changé leur poste alors qu'il fonctionnait encore. Ces achats ont été faits "à l'occasion de campagnes de promotions parfois trompeuses", soulignent les auteurs du rapport.

Si "la course à l'innovation peut séduire les consommateurs", cela induit un impact écologique non négligeable.

"À l’échelle de la France, garder son téléviseur pendant neuf ans au lieu de huit permettrait une économie de plus de 1,7 million de tonnes d’équivalent CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de la ville de Lyon"

Association Halte à l'Obsolescence Programmée (HOP)

franceinfo


Selon l'association,"l’innovation durable, la réparation, le réemploi, la seconde main font de la durabilité et de la réparabilité des produits un vecteur d’emplois non délocalisables et compatibles avec la transition écologique".

Avec ce rapport, HOP entend mieux comprendre l’origine des dysfonctionnements et identifier les solutions pour faire durer les téléviseurs. Elle appelle à une éco-conception des produits de la part des industriels. Elle plaide pour des politiques publiques ambitieuses. Enfin, elle invite le consommateur à avoir de bons gestes pour prendre soin de son téléviseur ou pour le réparer en cas de panne. Toutes ces préconisations sont "autant de leviers pour des TV plus durables", ajoute l'association.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Environnement

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.