Essonne : la police municipale s'équipe de quads pour mieux lutter contre les délits environnementaux

Deux policiers municipaux de la communauté de communes "Entre Juine et Renarde" partent chaque jour en patrouille en quad. Pour mieux lutter contre les délits environnementaux et en particulier celui des dépôts sauvages.

Article rédigé par
Sophie Constanzer - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Illustration dépôt sauvage en forêt. (JEAN-MARC LALLEMAND / MAXPPP)

Face aux délits environnementaux, la police municipale veut pouvoir circuler partout. Depuis début janvier la communauté de communes Entre Juine et Renarde dans le sud de l'Essonne – 16 communes dont la plus petite, Chauffour-lès-Étréchy, compte 137 habitants – s'est dotée de deux quads pour sa police municipale mutualisée qui couvre 120 km². Parmi les objectifs de ces élus ruraux avec les nouveaux engins : lutter contre le fléau des dépôts sauvages d'ordures en pleine nature.

Sébastien se dirigige vers le site de la Sablière, classé "Espace naturel sensible", où très vite la voiture montre ses limites vu l'état des chemins. C'est pourtant là qu'on retrouve l'une des plus grosses décharges sauvages du secteur des tonnes de déchets sur près de 200 m. "Il y a du déchet de chantier, voire de l'automobile, détaille le policier municipaux. Donc on a des moteurs et on a un peu de tout."

Un investissement de 15 000 euros

La police municipale de la Communauté de communes vient régulièrement en quad depuis janvier pour faire des photos constater de nouveaux dépôts. Il faut ensuite transmettre les infos à la gendarmerie car une procédure est en cours.
Sébastien travaille pour l'intercommunalité depuis 2010 et pour lui le quad est loin d'être un gadget : "On a des milieux qui se ferment au fil des années. Cela nous permet de passer à des endroits où les véhicules ne peuvent pas passer du tout."

Ces deux quads attribués à la police municipale représentent un investissement de 15 000 euros pour la communauté de communes entre Juine et Renarde. "On est 16 communes essentiellement rurales couvertes par des champs et de la forêt, décrit Alexandre Touzet, vice-président de communauté de communes en charge des questions de sécurité. Donc, on partage ces problématiques de dépôt sauvage, de circulation interdite et de déboisement sauvage."

Un doublement des signalements

Le coût d'un seul enlèvement de dépôts sauvages peut aller jusqu'à 1 000 euros pour une commune. Il faut parfois faire appel à des sociétés spécialisées quand il s'agit de produits dangereux comme l'amiante. Une fois rentrée au siège de la police municipale de la Communauté de communes, à Étréchy, le responsable Ludovic Fontaine jette un rapide coup d'œil aux chiffres : "On a vraiment des dépôts qui sont quand même conséquent, supérieur à 10 m², et ça représente une masse d'encombrants."

"Ceux qui déposent les encombrants oublient d'enlever les éléments qui permettent l'identification ou alors il y a des signalements qui sont effectuées avec la plaque d'immatriculation des véhicules qui viennent déposer."

Ludovic Fontaine, police municipale

à franceinfo

Le phénomène a pris de l'importance avec le confinement. Le nombre de dépôts sauvages signalés et constatés par cette police municipale a doublé entre 2019 et 2020.

Des quads contre les dépôts sauvages dans l'Essonne : reportage de Sophie Constanzer
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