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Epargne verte recherche 10.000 souscripteurs

Investir dans les énergies renouvelables et participer à un projet local, c’est le principe de l’épargne verte, proposée par des fonds citoyens. Un placement solidaire et rentable. Energie Partagée lance son troisième appel à souscription.
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Radio France
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 (Le parc éolien de Beganne dans le Morbihan a vu le jour grâce au financement des habitants. © Reuters)

Savez-vous à quoi sert votre épargne ? Pour éviter de financer des délocalisations d’entreprises, des mines de charbon en Australie ou des centrales nucléaires, il existe l’épargne verte. Ce placement est proposé par des banques, mais aussi par des fonds citoyens, comme Energie Partagée.

 

Cette association vient de lancer son troisième appel à souscription, pour financer ses projets. Le principe est simple : acheter des actions de 100 euros chacune, qui sont en fait des participations à des projets d’énergie renouvelable sur le territoire français.

 

"Energie partagée se consacre à des projets citoyens, des projets qui sont portés et voulus par les acteurs locaux, par les habitants, les collectivités, les acteurs économiques et qui sont vraiment souhaités" , explique Christelle Sauvage, présidente d’Energie Partagée, au micro d’Anne-Laure Barral.

 

Des projets variés

 

Un exemple emblématique des réalisations de l’épargne verte est le parc éolien citoyen de Beganne dans le Morbihan, où les habitants se sont mobilisés pour faire émerger le parc.

Energie Partagée aide aujourd’hui plus d’une vingtaine de projets, comme celui d’une mini centrale hydraulique à Foussemagne dans le Territoire de Belfort. En réhabilitant un petit barrage sur la Meurthe, la centrale va fournir de l’électricité à 600 foyers.

D’autres formes d’énergie sont à exploiter, comme le précise Michel Leclercq, vice président d’Energie Partagée : "On peut créer des réseaux de chaleur, des chaufferies biomasse de bois déchiquetés qui peuvent permettre de créer de l’emploi localement."

 

Avec toutes ces formes de production de chaleur, de biogaz ou d’électricité, les habitants d’un territoire pourraient produire toute l’énergie dont ils ont besoin pour leur consommation, voire un peu plus.

 

Une rentabilité de 4 % en moyenne

 

Côté particuliers, Energie Partagée promet que le placement rapportera jusqu’à 4 % par an, sur le long terme : "4 % c’est ce qu’on estime au bout de 10 ans en terme de rentabilité moyenne", reconnaît Erwan Baumard, le directeur du fond. S’il faut attendre quelques années avant que le placement ne rapporte, certains projets approcheront ensuite les 20 % de rentabilité, assure-t-il.

 

Un peu de patience est nécessaire, mais les investisseurs peuvent choisir très précisément leur projet : éolien ou solaire, Normandie ou Nièvre, etc.

 

Ce type de placement reste tout de même confidentiel : 3600 souscripteurs la première année en 2011. Aujourd’hui les dirigeants d’Energie Partagée espèrent intéresser 10.000 épargnants et récolter 3 millions d’euros.

 

Mais pour sortir de la confidentialité, Christelle Sauvage aimerait que les pouvoirs publics lèvent quelques freins à cet investissement responsable : "Quand il s’agit d’énergie renouvelable, il n’y a pas d’avantages fiscaux, il y a vraiment un biais qui nous semble injuste et qu’on aimerait voir lever à travers la prochaine loi de finance par exemple."

 

Il faudra attendre la fin de l’année, date à laquelle le Parlement votera la loi de finances, pour savoir si les épargnants pourront être attirés par les placements verts. La transition énergétique ne se joue donc pas seulement avec la loi de Ségolène Royal.

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