Déchets nucléaires : le projet de stockage de Bure intégré dans la loi Macron

Le projet de centre de stockage des déchets nucléaires à Bure dans la Meuse revient sur le devant de la scène. Il a été discrètement intégré dans le projet de loi sur l'activité et la croissance qui doit être présenté à la mi-décembre en Conseil des ministres.

(Des travaux pour étudier le sol à Bure en août dernier © MAXPPP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Le sujet avait été sorti de la loi de transition énergétique de Ségolène Royal par la porte, le voilà qui revient par la fenêtre de la loi pour la croissance d'Emmanuel Macron. Au milieu des mesures sur le travail du dimanche et les professions règlementées, son chapitre III consacre un article au projet Cigeo à Bure dans la Meuse. Il donne le calendrier à suivre par l'Andra, l'Agence nationale de gestion des déchets nucléaires pour construire le site. Et la loi acte son entrée en service d'ici dix ans.

 

Ce site doit enfouir à plus de 500 mètres sous terre nos déchets nucléaires les plus radioactifs pour des millions d'années. Florent Compain, président des Amis de la Terre juge "que Cigeo et la gestion des déchets nucléaires méritent à elles seules une propre loi pour pouvoir être mis en place ". Selon lui "on ne doit pas abandonner la recherche. Ce dont on parle – et la piste qu'on envisage à l'heure actuelle – c'est le stockage à quelques dizaines de mètres de profondeur mais il faut que l'on puisse intervenir sur les déchets. Le problème, c'est qu'à 500 mètres de profondeur, on ne peut pas intervenir. "

Un dossier déposé l'an prochain ?

Même s'il reste encore de nombreuses demandes d'autorisation et de validation, notamment par l'Autorité de sureté nucléaire, avant de démarrer le chantier, les associations craignent que le projet n'avance en coulisses sans qu'elles ne puissent montrer leur opposition.

 

L'Andra devait déposer son dossier l'an prochain, la loi Macron lui donne jusqu'en 2017 pour le faire. Mais les associations espèrent bien que l'article sera retiré du projet de loi avant son passage à l'Assemblée nationale.