Évacuation de Bure : "Il y a de la place pour le dialogue, mais il faut réaliser des décisions de justice"

Des opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), ont été expulsés jeudi d'un camp illégal dans le Bois-Lejuc. "Cette opération est cohérente avec les déclarations du gouvernement", a réagi sur franceinfo David Mazoyer, directeur du Centre Meuse-Haute-Marne de l’ANDRA.

Evacuation des zadistes anti Bure du bois Lejuc, à Mandres-en-Barrois, le 22 février 2018 par cinq escadrons de gendarmerie. Ci-contre, la zone incendiée par les zadistes.
Evacuation des zadistes anti Bure du bois Lejuc, à Mandres-en-Barrois, le 22 février 2018 par cinq escadrons de gendarmerie. Ci-contre, la zone incendiée par les zadistes. (MAXPPP)
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Invité sur franceinfo jeudi 22 février, David Mazoyer, directeur du Centre Meuse-Haute-Marne de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a réagi à l'évacuation aujourd'hui d'un camp illégal dans le Bois-Lejuc, situé au nord de la commune de Bure, dans la Meuse, et tout proche du projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires.

franceinfo : Êtes-vous satisfait de cette opération de gendarmerie ce matin ?

David Mazoyer : Les autorités ont mené l'évacuation du Bois-Lejuc dont nous sommes propriétaire. Il était occupé par des opposants depuis 2016. Cette opération est effectivement cohérente avec les déclarations du gouvernement et surtout, elle était très importante pour nous mais aussi pour le territoire des riverains, pour retrouver un climat plus serein.

L'intervenir des forces de l'ordre était-elle nécessaire ?

La place pour le dialogue est toujours là et pour l'heure, elle est même plus que jamais là, mais quand on a à faire à des occupants illégaux, il faut réaliser des décisions de justice.

Le gouvernement a pris le contre-pied de ce qu'il a décidé pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Est-ce rassurant pour l'avenir du projet Cigéo?

Aujourd'hui l'attention se concentre sur le Bois-Lejuc mais le projet Cigé est un projet d'intérêt général qui est destiné à stocker de façon définitive les déchets radioactifs français les plus dangereux et à vie longue. Au-delà de toute opinion sur l'avenir du nucléaire, il existe une réalité indiscutable : plus de la moitié de ces déchets sont déjà produits et attendent actuellement en surface une solution à gestion sûre pour le très long terme, celle du projet Cigéo.

Pour autant, ça n'enlève pas tous les doutes et tous les risques que comporte encore ce projet d'enfouissement des déchets très radioactifs. Comment comptez-vous y répondre dans les prochains mois ?

Le projet Cigéo est totalement sous contrôle des différentes autorités comme la Commission nationale d'évaluation ou l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et donc nous suivons scrupuleusement l'avis de l'ASN. La sûreté, la sécurité pour l'homme et l'environnement, est notre priorité. L'ASN a rendu récemment un avis qui nous fixe la feuille de route pour les prochains mois. Stocker ces déchets très radioactifs (radioactifs pendant plus de 100 000 ans) à plus de 500 mètres de profondeur est la seule solution pour protéger la population durablement.

Ce qui est critiqué c'est que le fait que la réversibilité du site ne soit prévue que pour une centaine d'années. Est-ce que vous allez travailler ce point ?

L'ensemble des dispositions a été défini dans la loi et c'est aussi logique de s'engager sur une réversibilité "tenable". Ce ne serait pas raisonnable de s'engager sur plus longtemps.