Pollution de l'air : des concentrations records de dioxines enregistrées près de l'incinérateur d'Ivry

Selon une étude du collectif 3R et de la fondation ToxicoWatch, la concentration de polluants dans les environs de l'incinérateur serait parmi les plus élevées d'Europe.

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France Télévisions
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Vue de la cheminée du centre d'incinération d'Ivry-sur-Seine, le 7 février 2022. (MAXPPP)

C'est le plus grand incinérateur d'Europe, et aussi l'un des plus polluants. Les environs de l'incinérateur d'Ivry Paris XIII contiendraient des concentrations de dioxines parmi les plus importantes d'Europe, selon une étude révélée lundi 7 février par le collectif 3R (Réduire, réutiliser, recycler) et menée par la fondation ToxicoWatch.

Les dioxines sont une catégorie de polluants organiques persistants, qui peuvent provoquer des problèmes reproducteurs ou des cancers en cas d'exposition prolongée. Les relevés ont été menés "sur des œufs de poules élevées en plein air, des arbres et des mousses dans les communes d'Ivry-sur-Seine, Alfortville, Charenton-le-Pont et Paris", précise le collectif. 

L'étude a permis de détecter "des concentrations de dioxines parmi les plus élevées des études de biosurveillance menées par ToxicoWatch en Europe". Les œufs de poule qui y ont été élevées en plein air "devraient être retirés du marché européen s'ils avaient été produits pour y être mis", d'après l'auteur de l'étude.

Des dioxines "typiques de l'incinération"

Situé près du périphérique entre le Val-de-Marne et Paris, l'incinérateur brûle les déchets de quinze communes, dont Paris, soit l'équivalent de 730 000 tonnes d'ordures par an. Prudent, le collectif 3R reconnaît dans son communiqué qu'il est "scientifiquement difficile d'établir avec certitude l'origine de la présence [des dioxines] dans les communes autour de l'incinérateur d'Ivry-Paris XIII". Mais ToxicoWatch note que les polluants analysés sont "typiques de l'incinération des déchets".

"Ces résultats traduisent des anomalies très inquiétantes dans le contrôle des concentrations de dioxines", estime Louis Cofflard, avocat à l'origine de plusieurs recours nationaux sur la pollution de l'air. "Ils aggravent la situation actuelle de non-conformité persistante de l'agglomération parisienne avec la réglementation européenne", poursuit-il. Contacté par l'AFP, le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom), qui gère l'incinérateur, n'a pas répondu à ces révélations.

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