COP26 : au Somaliland, les conséquences déjà visibles du réchauffement climatique

Dans ce petit pays de la Corne de l'Afrique, les sécheresses et les attaques de criquets menacent les habitants de famine. Les enfants, et notamment les petites filles, sont les premières victimes des dérèglements de la nature.

Article rédigé par
Nathanaël Charbonnier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un camp de réfugiés climatiques à Ainabo. (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

Pour les habitants du Somaliland, pas besoin de COP26 pour vivre les conséquences du dérèglement climatique. Ce petit pays indépendant de la Corne de l’Afrique est une région particulièrement touchée par le réchauffement climatique. Dans ce coin perdu, l’eau se fait plus rare et la famine guette. S’ajoute à cela le fléau des criquets qui dévastent tout sur leurs passages et qui obligent les gens à quitter leurs maisons. 

Les villageois de la commune de Suuqsade, en plein cœur du Somaliland, le racontent tous : une attaque de criquets dans un champ, cela fait peur. Quand ils arrivent, les insectes mangent toute la nourriture. Un nuage de criquets qui cache même le soleil, racontent les habitants. 

Une habitation dans un camp de réfugiés climatiques à Ainabo au Somaliland. (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

Les attaques de criquets ont toujours existé sauf que maintenant il y en a tous les ans, selon eux. Elles viennent s’ajouter au dérèglement climatique, selon Abdurahman, le responsable de l'ONG Care dans la région. "Le problème principal c’est que le climat change. On a de petites pluies, des sécheresses à répétition et cela transforme la vie des éleveurs. Les gens ici dépendent de l’élevage et quand il n’y a pas de pluie mais des sécheresses, ça tue l’élevage", explique-t-il.

Les femmes et les petites filles davantage pénalisées

Dans la salle d’à côté, les femmes racontent qu’avec les invasions de criquets à répétition et le manque d’eau, il n’y a plus aucune réserve et plus d’argent pour acheter de la nourriture. Conséquence, plus personne ne mange à sa faim. "Tout cela nous rend plus pauvres. La majorité des gens de ce village ne mangent qu’une seule fois par jour, soit le petit déjeuner soit le déjeuner, soit le dîner", raconte l'une d'elles.

Des jeunes dans le camp de réfugiés climatiques d'Ainabo au Somaliland. (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

Signe que la situation ne s’arrange pas : en ce mois de novembre habituellement pluvieux, il n'y a pas une goutte d’eau en vue. Autre effet de ces crises qui s’enchaînent : les familles n’ont plus les moyens d’envoyer tous leurs enfants à l’école. "On n'a plus assez d'argent pour payer les frais de scolarité de dix dollars par mois environ par élève", raconte un groupe de mères. "Quand il faut choisir, ce sont les petites filles qui sont privées en priorité d’éducation et qui du coup se retrouvent dans les champs pour travailler avec leurs mères."  Les femmes et les petites filles pénalisées encore et toujours car le manque de précipitations les oblige à marcher de plus en plus loin pour trouver de l’eau potable.

Les conséquences dramatiques du changement climatique : reportage au Somaliland de Nathanaël Charbonnier
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