COP 26 : au Costa Rica, des forêts menacées par les plantations de café

Alors que la COP 26 débute le 1er novembre 2021, franceinfo fait escale au Costa Rica, où la protection des forêts est devenue un enjeu environnemental dans un pays pourtant réputé être un champion de la biodiversité. 

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Radio France
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Une plantation de café dans la région montagneuse de Los Santos, au Costa Rica. (JEFFREY ARGUEDAS / EFE)

C’est un pays souvent présenté comme un modèle, un "Etat vert", un "champion de la biodiversité et de la protection de l’environnement". De fait, le Costa Rica, minuscule pays de 51 000 mètres carrés d’Amérique centrale, regorge de richesses naturelles. Le droit de chaque citoyen à vivre dans un environnement sain est inscrit dans la Constitution et près d'un quart du territoire est classé "parc national" ou "réserve naturelle".

Pourtant, tout n’y est pas si simple. À une semaine de l'ouverture de la COP26 sur le climat, franceinfo s'est rendue dans la région montagneuse de Los Santos, qui produit la moitié du café du Costa Rica. Ici, les cultivateurs de café tentent de rogner sur les forêts protégées pour produire davantage. Et les militants de l’environnement se battent aujourd’hui pour préserver ce qui a été si bien protégé par les générations précédentes.

Des forêts coupées, des arbres desséchés

Il suffit d’emprunter une route de terre, étroite et cabossée, pour prendre la mesure de cette menace. À bord d’une voiture tout-terrain, Paola, Karl et Osvaldo, trois militants écologistes, grimpent vers la montagne, escortés par plusieurs policiers. Karl, en particulier, membre de l’ONG Quercus, a reçu des menaces de certains cultivateurs de café. "Tout ça, c’était de la forêt il y a dix ans. Ici, nous avons des espèces comme le magnolia, le chêne, le chêne vert. Toutes ces espèces, comme vous pouvez le voir, ont été totalement coupées. Et il y a une énorme quantité d’arbres secs. Ce cultivateur est arrivé et a tué les arbres en enlevant une partie de leur écorce, ce qui a provoqué un dessèchement progressif de l’arbre", explique-t-il.

Norman possède une ferme voisine. "C’est dommage pour cette montagne", déplore-t-il. Il y avait tant d’animaux ici : des tapirs, des singes. Mais on n’en voit plus aucun." Un peu plus tard, Paola, de l’ONG Quercus elle aussi, sonne directement chez le propriétaire de ces terres ravagées. Le portail est immense, équipé de caméras de vidéo-surveillance, il y a du monde à l’intérieur, mais personne ne répondra.

L'action des autorités locales en question

Deuxième tentative d’explications. Coup de fil à Maria Marin, maire de la municipalité de Dota, l’autorité locale. "C’est très inquiétant, reconnaît-elle. Cependant, nous savons qu’il y a beaucoup de personnes qui cultivent le café de manière responsable. Et il y en a très peu qui ont provoqué des problèmes, dans une partie de la montagne."

Osvaldo Duran, sociologue et membre de la Fédération écologiste du Costa Rica,  n’est pas du tout convaincu. "Elle interprète la loi comme ça lui plaît, dénonce-t-il. Il y a eu deux décisions d’un tribunal supérieur du Costa Rica qui lui demandait d’arracher le café planté illégalement. La municipalité de Dota l’a-t-elle fait ? Non !" Gourmands en terres, le café comme l’ananas et la banane sont des produits d’exportation, source de richesse pour le Costa Rica.

Au Costa Rica, la lutte contre la déforestation : reportage de Julie Piétri
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