99 équipements électriques par foyer : il faut "éviter cette spirale infernale de surconsommation", selon l'Ademe

Pierre Galio, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, estime sur franceinfo qu'il faut "reprendre en main sa consommation".

Une collecte d\'appareils électriques et électroniques à Paris.
Une collecte d'appareils électriques et électroniques à Paris. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Chaque foyer français possède 99 équipements électriques ou électroniques en moyenne, selon un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), publié mercredi 26 septembre. "C'est énorme", commente Pierre Galio, le chef du service consommation et prévention de l'Ademe, qui recommande d'"éviter cette spirale infernale de surconsommation".

franceinfo : 99 équipements par foyer, cela prouve que nous accumulons trop, selon vous ?

Pierre Galio : C'est énorme. En effet, au fil du temps, on a accumulé des objets dans l'ensemble de notre maison, le gros électroménager, le froid, l'informatique, la téléphonie, mais également le bricolage, le sport et loisirs, les petits appareils. Bref, on accumule, on ne s'en rend pas forcément compte, et l'ensemble de ces équipements, en effet, il a fallu les fabriquer, consommer des métaux, et l'ensemble des phases de fabrication sont bien plus importantes que ce qu'on croyait.

Que recommandez-vous ? De moins acheter ?

On n'en est pas là mais il faut toujours se rapporter au besoin. Avant chaque geste d'achat il faut se demander quel est le besoin : est-ce que je vais vraiment l'utiliser ? Combien de temps ? Est-ce que je ne peux pas l'emprunter ? Est-ce que je ne peux pas le louer ? C'est cette question de suréquipement qui est vraiment au cœur de la question. (…) Le cœur de la question, c'est bien la propriété. D'abord on a privatisé des services qui étaient publics, on a tous un home cinéma alors qu'on allait auparavant dans les salles de cinéma, on fait notre pain avec les machines à pain. On a privatisé des équipements qui étaient collectifs et donc le rapport à la propriété, à l'accumulation, il faut le revoir. D'ailleurs, nous, on prône un nouveau modèle économique qui n'est pas le modèle en volume qui vise à vendre le maximum de biens, mais bien répondre à un usage, donc on sort de la propriété parce que ce qui compte c'est bien répondre à une fonction et pas forcément à être propriétaire du bien.

Faut-il se priver d'acheter, alors ?

Personne n'est là pour être moralisateur ni donner des leçons. La consommation doit rester agréable, il y a un plaisir derrière. Par contre elle doit être utile. C'est répondre à des besoins, qu'ils soient physiques ou psychologiques – des fois on a besoin aussi de se faire plaisir – mais aussi justes sur un plan social – il y a des gens qui travaillent derrière, parfois à l'autre bout du monde – et sur un plan environnemental. Donc c'est reprendre aussi en main sa consommation parce que souvent on a un réflexe très rapide surtout avec les nouveaux moyens de communication d'acheter très rapidement en ligne sans prendre conscience. Donc le but c'est que lorsqu'on prend acte d'achat, il y a le critère prix, il y a le critère plaisir, mais qu'on rajoute le critère environnemental et qu'on se dise 'attention à la dimension en équipement' : ce nouvel achat, est-ce que vraiment j'en ai besoin ? Est-ce que j'ai besoin de cette taille-là ? Et donc on intègre ce critère environnement finalement dans sa décision. (…) On a une accélération des habitudes de renouvellement, 'toujours plus' quelque part, et c'est par rapport à ce mouvement-là globalement qu'il faut prendre du recul pour éviter cette spirale infernale de surconsommation.

Franceinfo est partenaire de la consultation "Agissons ensemble pour l'environnement" avec Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous.